Top 14 : le Stade Français au bord du précipice avant le derby contre le Racing 92

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Les Parisiens jouent une grande partie de leur survie dans l’élite ce dimanche sur le terrain du voisin francilien.

La quinzaine de la peur. En deux matchs, Paris saura s’il se maintient à flot ou s’il coule. Fidèle à sa devise, «fluctuat nec mergitur». «Aut non» (ou pas)… En pleine tempête, les Soldats Roses partent pour deux déplacements périlleux. Chez le voisin du 92, le Racing, ce dimanche ; puis en contrée catalane, pour y affronter l’USAP le 10 mai. Le Stade Français parviendra-t-il à rentrer à bon port ou va-t-il définitivement démâter en chemin ?

Avant ce double rendez-vous, le club parisien est tout juste au-dessus de la ligne de flottaison. 12e à égalité de points avec le 13e, Perpignan, et juste un petit point d’avance sur le dernier, Vannes, auteur d’un exploit samedi face au RC Toulon. Et 4 points derrière le Racing 92, pour une indécise guerre des quatre pour éviter la relégation directe mais aussi la 13e place qui, pour rappel, promet l’enfer d’un match de maintien/promotion chez un ambitieux de Pro D2. Un couperet souvent fatal au club de Top 14, plombé par une dynamique négative.

Si le Stade Français, pensionnaire inamovible de l’élite depuis son retour, en 1997, veut éviter pareil écueil, il est condamné à glaner des points chez ses rivaux d’infortune. Le derby francilien, ce dimanche, est donc plus qu’un derby : un match crucial qui condamnera le perdant à une fin de saison (il restera encore quatre journées à disputer) sous très haute tension.

Douze des quinze derniers derbys ont été remportés par l’équipe évoluant à l’extérieur.

Les Soldats roses, plus habitués aux paillettes (même si elles sont de plus en plus rares…) qu’aux bleus de chauffe, doivent pourtant se préparer à un rude combat face à des Racingmen cornaqués par Patrice Collazo, appelé au chevet du Racing il y a trois mois pour une mission commando dont il est un habitué. Rien de tel à Paris où le président-propriétaire, Hans-Peter Wild, a certes viré en cours de saison deux membres du staff (l’entraîneur en chef Karim Ghezal, qui a rebondi avec réussite au LOU, puis le manager en chef Laurent Labit, tous deux débauchés du XV de France avec l’espoir qu’ils remettent le SFP au sommet), mais il n’a pas appelé de pompier de service, misant sur la continuité en promouvant en interne l’Anglais Paul Gustard.

«Au vu de l’enjeu, ça va décupler la pression inhérente au derby. Ces dernières semaines, le Racing a réduit la voilure au niveau du jeu. Ce sera un gros combat là-bas», a d’ailleurs confirmé son adjoint en charge des avants, Julien Tastet (qui quittera, lui aussi, le navire en fin de saison).

Entre ces deux meilleurs ennemis, il est très difficile de prédire l’issue de leurs confrontations. Douze de leurs quinze derniers derbys (dont les cinq derniers) ont été remportés par l’équipe évoluant à l’extérieur. Les Parisiens peuvent se raccrocher à une autre stat : le Racing 92 est l’avant-dernière équipe du championnat à domicile avec déjà 4 défaites et un match nul concédés à dans son Arena Paris-La défense .

« On est conscient de la gravité de la situation. On doit se bouger le cul pour maintenir le club en Top 14, pour ne pas être la première génération à faire descendre le club en Pro D2. (…) On a besoin d’un électrochoc et il n’y a rien de mieux que le derby pour cela… »

Ryan Chapuis, troisième-ligne du Stade Français

Malheur à l’équipe qui sortira vaincue du hangar de Nanterre donc. Si c’est le Stade Français, la suite du road-trip de l’angoisse se fera sous le signe de la survie. Pour l’instant, Paris possède l’avantage du goal-average particulier sur Perpignan (qui se déplace à Montpellier ce samedi) grâce à sa nette victoire au match aller (24-7). Dans le pire des cas – une défaite -, les Parisiens devront veiller à ne pas la concéder avec plus de 16 points d’écart pour conserver ce mince avantage jusqu’à l’ultime journée.

Le derby de la peur donc. «Il y a le côté derby mais, surtout, de sauver le club. Il n’est jamais descendu en Pro 2 et ce n’est pas cette année que ça doit arriver. C’est l’élément clé de notre révolte, j’espère, dès ce week-end», tente de se rassurer le centre parisien, Julien Delbouis. «On est conscient de la gravité de la situation, renchérit le troisième-ligne Ryan Chapuis, autre véritable Titi parisien, au club depuis ses 15 ans (2012). On doit se bouger le cul pour maintenir le club en Top 14, pour ne pas être la première génération à le faire descendre en Pro D2. Le derby, ça ajoute du piment. Mais l’enjeu est cette fois particulier puisque les deux équipes luttent pour le maintien. Cet enjeu prend le dessus, mais la notion de derby rajoute cette saveur de rivalité qui nous tient à cœur. Ce match tombe à pic. On a besoin d’un électrochoc et il n’y a rien de mieux que le derby pour cela…»

«Ces rencontres, tu les joues plus avec la peur de perdre qu’avec l’envie de gagner. On y est préparés», assure Julien Tastet. Pas complètement cependant, à en croire Ryan Chapuis. «On vit une situation que la plupart d’entre nous n’ont jamais connue. Le stress de ces week-ends qui se suivent et se ressemblent côté résultats. C’est un engrenage dont on doit se sortir.»

Avec une statistique qui a de quoi effrayer, côté parisien, avant ces deux déplacements vitaux pour le maintien. L’équipe aux éclairs est, cette saison en Top 14, la plus mauvaise loin de son antre de Jean-Bouin : aucune victoire et un seul et minuscule point glané, ce bonus défensif arraché sur la pelouse du promu vannetais…

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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