Livre. Jamais travail aussi complet sur la « planète olympique », un « univers à soi, avec ses propres règles », n’avait été entrepris. C’est une véritable plongée dans une « aventure inédite et incomparable », au cœur d’« un espace-temps séparé de la marche du monde », que propose l’historien Patrick Clastres dans son dernier ouvrage, Les Jeux olympiques de 1892 à 2024. Une aventure mondiale (Presses universitaires de Rennes, 464 pages, 25 euros).
L’enseignant-chercheur à l’Institut des sciences du sport de l’université de Lausanne, en Suisse, y retrace l’histoire tourmentée des Jeux, depuis leur rénovation en Grèce à la fin du XIXe siècle jusqu’à « la fabrique de l’enchantement » à Paris, à l’été 2024.
Hasard des calendriers, l’ouvrage a paru le 20 mars, le jour même de l’élection à la présidence du Comité international olympique (CIO) de la Zimbabwéenne Kirsty Coventry, la première femme élue à la tête de l’instance suprême du sport mondial.
Comment résumer en 464 pages – produit de dix-huit mois d’écriture et de vingt-cinq ans de réflexions sur le sport et l’olympisme – plus de cent trente ans d’existence d’un mouvement qui a toujours aimé rien tant que d’« écrire sa propre histoire » ? L’auteur a fait le choix de découper son récit en six grandes parties, qui correspondent chacune à des moments de basculement de la vie des Jeux : le temps des expérimentations (1896-1912), les instrumentalisations politiques (1920-1936), les mondialisations (1948-1964), la médiatisation (1968-1984), la professionnalisation des athlètes et des dirigeants (1988-2008) et l’hybridation des cultures et des acteurs (2012-2024).
Portrait de plusieurs athlètes oubliés
« Je voulais retrouver les présents successifs des passés olympiques », détaille Patrick Clastres pour expliquer la perspective qui a guidé son travail historique. Ce travail de thématisation témoigne de la volonté de l’auteur d’élargir les points d’entrée dans le livre au-delà de sa simple lecture chronologique. Il en résulte un récit passionnant sur l’histoire des Jeux, cet « interlude de quinze jours, tous les quatre ans, dans les interstices des Etats », décrit de manière imagée Patrick Clastres.
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