Plusieurs responsables du ministère américain de la Défense plancheraient sur le retrait de 10.000 militaires américains actuellement stationnés en Europe de l’Est, selon NBC News.
Des hauts responsables du ministère de la Défense des États-Unis travaillent sur une proposition visant à retirer jusqu’à 10.000 soldats américains d’Europe de l’Est, a affirmé le média américain NBC News le 8 avril.
Les unités visées par la proposition font partie des 20.000 soldats déployés par l’administration Biden en 2022, envoyés pour renforcer les défenses des pays limitrophes de l’Ukraine suite à l’invasion russe en février 2022, affirment six responsables américains et européens interrogés par le média, qui ont requis l’anonymat.
Sujet de crainte majeur pour les Européens
Si les effectifs sont encore en discussion, la proposition pourrait donc impliquer plus de la moitié des forces envoyées par l’ex-président démocrate. L’hypothèse d’un retrait des militaires américains d’Europe est un sujet de crainte majeure pour de nombreux pays du vieux continent pour qui leur présence est dissuasive et représente une garantie de sécurité très forte face à la menace russe, par exemple en Pologne, Roumanie, Pays Baltes.
Le sujet est devenu encore plus sensible avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche et ses attaques répétées contre l’Otan et contre les pays européens qu’il accuse de ne pas se prendre en main pour assurer leur protection. En février dernier, le vice-président américain J.D. Vance avait prononcé un réquisitoire contre ses alliés européens à la Conférence de Munich sur la sécurité. «Il est important, dans les années à venir, que l’Europe prenne de façon significative en main sa propre défense», avait harangué le vice-président.
En parallèle, le secrétaire américain à la défense Pete Hegseth déclarait lors de son premier voyage à l’étranger à Bruxelles en février que «de dures réalités stratégiques empêchent les États-Unis d’Amérique de se concentrer principalement sur la sécurité de l’Europe». «Nous devons – et nous le faisons – nous concentrer sur la sécurité de nos propres frontières. (…) Les États-Unis accordent la priorité à la dissuasion d’une guerre contre la Chine dans le Pacifique.» Et le secrétaire de persister ensuite en mars, en signant un document redéfinissant les priorités de l’armée américaine qui prévoyait notamment un désengagement important de l’armée américaine en Europe et ce même en cas d’attaque russe, rapportait ainsi le Washington Post .
Les orientations présentées de Pete Hegseth stipulaient ainsi que l’Otan devrait à l’avenir assumer une part « beaucoup plus importante » du fardeau. Les États-Unis devront eux se concentrer sur d’autres priorités, notamment une potentielle guerre contre Pékin autour de Taïwan. « La Chine est l’unique menace du département », s’était encore alarmé Pete Hegseth. Parmi les autres priorités énumérées par le gouvernement américain, le secrétaire américain à la défense a également cité les groupes ayant la capacité et l’intention de frapper les États-Unis, et plus généralement toutes menaces provenant de « l’étranger proche ». Selon le président américain, cette zone s’étend du Groenland à la pointe du Cap Horn (Chili) en passant par le canal de Panama.
Point de crispation pour Moscou
Ces informations sur un éventuel retrait s’inscrivent dans le contexte des tentatives du président américain d’essayer de convaincre Moscou et Kiev d’accepter un cessez-le-feu dans la guerre d’invasion de l’Ukraine lancée par la Russie en 2022, et alors que de nombreux observateurs ou capitales européennes craignent que Donald Trump se montre trop conciliant avec Moscou.
La présence des soldats américains dans les anciens pays communistes pendant la Guerre froide est un point de crispation majeur et historique pour Moscou, qui affirme se sentir menacé par ces déploiements.
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