REPORTAGE – L’armée de Vladimir Poutine semble en passe de reprendre le bout de territoire conquis par l’Ukraine en Russie. Sur place, la population regarde avec méfiance les négociations en cours.
Vadim et sa belle-fille Ioulia* déambulent, l’air encore hagard, le long des magasins aux fenêtres couvertes à la va-vite de contreplaqué. L’ancien tient la plus jeune par l’épaule. Tous deux sont voûtés. Les vitres de la galerie commerciale Dobrinya ont toutes été soufflées par la frappe du 10 mars au soir, imputée à l’Ukraine par les autorités régionales et qui a tué quatre personnes. Nous sommes dans les profondeurs de la région de Koursk, à Belaïa, petit bourg d’à peine 2000 âmes à seulement 30 kilomètres à l’est de Soudja. Le tir a touché le toit d’un des bâtiments, alors qu’un morceau de missile, un Himars, selon les locaux, tapait la rue en contrebas : les quatre victimes civiles se trouvaient dans la rue au moment de la frappe.
Vadim, fondateur du centre commercial – en réalité une enfilade de magasins d’articles militaires, surtout – accuse le coup. Ses yeux peinent à retenir les larmes. Ioulia, 38 ans, parle pour lui. « Il a perdu son épouse lundi soir, la mère de mon mari…
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