Un thème insistant plane parmi les films de cette 75e Berlinale, où l’on ne compte plus les mères indignes, dépositaires d’une maternité qui ne va plus de soi : morbide dans La Tour de glace, de Lucile Hadzihalilovic ; toxique dans Hot Milk, de la Britannique Rebecca Lenkiewicz ; ou apathique dans Mother’s Baby, de l’Autrichienne Johanna Moder. La plus explosive de toutes se trouvait sans doute dans If I Had Legs I’d Kick You, qui, s’ouvrant sur le logo de la société de distribution américaine A24, très en vue, a fait l’effet d’une petite bombe en compétition.
Passé par Sundance avant d’atterrir à Berlin, ce spécimen de comédie malaisante est signé Mary Bronstein, 45 ans, attachée à la sphère new-yorkaise des frères Safdie, et dont le précédent long-métrage, qui était son premier, Yeast (2008), avec Greta Gerwig, inédit en France, remonte à dix-sept ans. Le récit s’infiltre dans la vie de Linda (Rose Byrne), thérapeute et mère s’occupant seule de sa fille gravement malade. Quand, sous le coup d’une infiltration, le toit de son appartement s’effondre, son existence semble aspirée par le trou béant et humide qui s’installe à sa place.
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