CONTRE-POINT – L’avantage pour le premier ministre est d’avoir su se placer au niveau d’un regard général, et à certains moments inspiré, sur le pays.
Pour un peu, on aurait oublié que François Bayrou n’avait pas de majorité à l’Assemblée. Que le quatrième premier ministre de 2024 avait à son tour sur sa tête l’épée de Damoclès d’une censure qui pourrait arrêter net ses rêves de « réconciliation » et de « stabilité ». Certes, il a d’entrée de jeu fait preuve d’autodérision en citant ces 84 % de Français qui ne le voient pas passer l’année à Matignon. Cette menace et ce pronostic, plus qu’y répondre, plus que les toiser, le premier ministre a feint de les ignorer. Pour dérouler la vision d’un chef de gouvernement qui aurait le temps devant lui.
Là où certains déploreront un déni de la situation, on peut reconnaître de l’habileté. Et de la sagesse. Les tractations des dernières heures avec les socialistes, les écologistes et les communistes laissaient redouter que, par espoir de désarmer quelques voix hostiles, Bayrou renonce à l’objectif de redressement des finances publiques. Qu’il sacrifie les générations…
Source du contenu: www.lefigaro.fr
