Chronique des matières premières – La Chine découvre un immense champ de gaz de schiste

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La Chine annonce la découverte d’un immense champ de gaz de schiste ultraprofond dans le bassin du Sichuan. Pékin évoque plus de 235 milliards de mètres cubes de réserves prouvées, une avancée présentée comme stratégique pour renforcer la sécurité énergétique du pays. Mais derrière cette annonce spectaculaire, de nombreuses inconnues demeurent sur le calendrier réel d’exploitation et l’impact concret de cette découverte.

De notre correspondante à Pékin,

Le nouveau champ gazier découvert par Sinopec se situe dans le bassin du Sichuan, à plus de 4 500 mètres de profondeur. Les autorités chinoises parlent d’un champ de gaz de schiste « ultra-profond », avec plus de 235 milliards de mètres cubes de réserves prouvées. Ce gisement représente environ la moitié de la consommation annuelle de gaz de la Chine.

Pékin met en avant une avancée technologique importante : le schiste exploité ici remonte au Cambrien, une formation vieille de plus de 500 millions d’années, présentée comme l’une des plus anciennes formations de schiste exploitées à grande échelle au monde.

Mais à ce stade, aucun calendrier précis de commercialisation n’a encore été annoncé, et la découverte d’un gisement ne signifie pas automatiquement une exploitation rapide.

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Une exploitation complexe et coûteuse

L’exploitation de ce type de gaz reste particulièrement difficile. À ces profondeurs, les forages doivent résister à des températures et des pressions très élevées, tandis que les caractéristiques géologiques du réservoir restent difficiles à maîtriser.

Le gaz de schiste chinois est aussi plus compliqué à exploiter que celui des États-Unis, souvent situé plus profondément et dans des zones géologiques plus complexes. Résultat : les coûts de production sont élevés et la rentabilité dépend largement des prix mondiaux du gaz.

Même avec des réserves importantes sur le papier, plusieurs années pourraient donc être nécessaires avant une production industrielle à grande échelle.

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Un enjeu stratégique pour Pékin

Cette annonce intervient alors que la Chine cherche à renforcer sa sécurité énergétique. Le pays reste le premier importateur mondial de gaz naturel et dépend encore fortement des importations de gaz naturel liquéfié et des gazoducs venant notamment de Russie et d’Asie centrale.

Dans un contexte de tensions géopolitiques et de rivalités commerciales croissantes, Pékin cherche depuis plusieurs années à sécuriser davantage ses approvisionnements énergétiques. À ce stade, difficile donc d’évaluer l’impact réel de cette découverte sur le marché mondial.

Mais la Chine cherche aussi à envoyer un signal politique et technologique : celui d’un pays capable de développer des technologies d’extraction toujours plus complexes pour consolider son autonomie stratégique sur le long terme.

À écouter dans C’est pas du ventLa ruée vers les énergies fossiles continue…

Source du contenu: www.rfi.fr

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