Malgré des avancées dans les négociations, la guerre entre l’Iran et les États-Unis plonge toujours le commerce mondial dans la tourmente. L’Inde est l’un des pays qui en subit le plus les conséquences, notamment à travers des difficultés d’approvisionnement en gaz de cuisine. Des perturbations qui ont des conséquences à 13 000 kilomètres de là, en Californie.
L’Inde est très dépendante du gaz de pétrole liquéfié (GPL) pour son économie. C’est d’ailleurs le principal combustible utilisé dans la cuisson. Environ 60 % de ce gaz est importé de l’étranger, dont 90 % provenait du Moyen-Orient avant la guerre. Mais avec le blocage du détroit d’Ormuz et les perturbations des chaînes d’approvisionnement, New Delhi a dû revoir sa copie. En mars, pour éviter la pénurie, le gouvernement a publié un décret ordonnant aux raffineurs indiens de maximiser la production de gaz de pétrole liquéfié.
Pour augmenter leur production, ces raffineurs n’ont eu d’autre choix que de réduire drastiquement celle d’alkalyte, une sorte de carburant issu d’un procédé chimique complexe, qui aboutit à une essence très pure, dépolluée de plusieurs matières dangereuses, comme le benzène. Reliance Industries, entreprise indienne qui exploite la plus grande raffinerie du monde, fait tourner son unité d’alkylation au strict minimum. Ainsi, d’après le cabinet Kpler, les exportations totales d’alkylates indiennes ont chuté à 33 000 barils par jour. Soit leur plus bas niveau en trois ans.
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Risque de pénurie en Californie ?
Or, à 13 000 kilomètres de là, sur la côte ouest américaine, la Californie est très gourmande en alkylate. C’est un additif très pur, dont la combustion est un peu moins polluante. Il est donc très recherché dans cet État où les normes environnementales sont plus strictes que dans le reste des États-Unis. L’American Fuel & Petrochemical Manufacturers va même plus loin : sans alkylate, la Californie ne peut pas produire son carburant dit « propre ».
La Commission de l’énergie de Californie se veut toutefois rassurante : l’État dispose de stocks suffisants et il n’y a pas de pénurie à prévoir. Mais tout de même, la baisse des exportations indiennes signifie moins d’offre, alors que la demande, elle, ne faiblit pas. Résultat : les prix augmentent dans le Golden State. En moyenne, les Californiens paient plus de 6 dollars le gallon (1,36 euro le litre), contre 4,50 dollars le gallon pour la majorité des Américains.
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