Quel visage le XV de France féminin affichera-t-il face à l’Irlande, samedi 22 mars à partir de 14 heures, au Kingspan Stadium de Belfast, en Irlande du Nord, pour son entrée en lice dans le Tournoi des six nations ? Celui d’une équipe capable de rivaliser avec les Red Roses anglaises, jusqu’ici indétrônables ? Ou celui, plus inquiétant, entrevu en septembre et octobre 2024, lors du WXV – compétition internationale en trois divisions – où les Bleues, malgré de bonnes intentions dans le jeu, n’ont remporté qu’un seul match, poussif, face aux Etats-Unis (22-14) et concédé deux lourdes défaites face à la Nouvelle-Zélande (39-14) et au Canada (46-24) ?
Leur première rencontre des Six Nations 2025, samedi face à l’Irlande, aura valeur de test. Les Bleues sortent d’un exercice 2024 en demi-teinte et cherchent repères, constance et confiance. « Ce tournoi a une dimension particulière parce qu’il s’inscrit dans notre préparation pour la Coupe du monde [du 22 août au 27 septembre, en Angleterre], estime la capitaine des Bleues, Manae Feleu. C’est une opportunité idéale pour peaufiner notre jeu, renforcer nos automatismes, continuer à construire notre collectif. »
Troisièmes de l’édition 2024 du tournoi derrière les Bleues, les Irlandaises avancent confiantes avec deux victoires en 2024 dans la première division du WXV, dont une, historique, contre les Néo-Zélandaises (29-27). Si l’équipe de France leur a souvent infligé des défaites dans le Tournoi des six nations – 19 matchs perdus sur 22 joués –, les trois seules victoires irlandaises ont été arrachées à domicile.
Le tournoi, que les Bleues n’ont pas remporté depuis 2018, ne s’annonce pas simple pour elles. « Le niveau est très homogène désormais », considère la deuxième-ligne Manae Feleu. Les Bleues se déplaceront trois fois, en Irlande du Nord, en Italie puis, pour l’ultime match de la cinquième et dernière journée, en Angleterre.
Un groupe moins expérimenté
Autre paramètre actuellement défavorable aux Bleues : leur état de forme. Plusieurs cadres sont absentes car blessées ou encore en convalescence : c’est le cas de la demie d’ouverture Caroline Drouin, touchée à un genou depuis le tournoi de rugby à VII des Jeux de Paris 2024, l’arrière Chloé Jacquet, victime d’une rupture des ligaments croisés en janvier, ou encore de la troisième-ligne Romane Ménager ou de la pilier Assia Khalfaoui, encore trop justes physiquement.
D’autres, comme Emeline Gros ou Gaëlle Hermet, font les frais de choix sportifs de la part des cosélectionneurs, David Ortiz et Gaëlle Mignot, qui ont retenu un groupe dans l’ensemble jeune et peu capé. Un « bon mélange d’expérience et de jeunesse », susceptible d’apporter « fraîcheur et solidité », selon la capitaine des Bleues. Cette équipe réussira-t-elle à briser le « plafond de verre », comme le souhaite la talonneuse Agathe Sochat, pour empêcher les Red Roses de décrocher un nouveau titre ?
Très expérimentées, les Anglaises sont invaincues depuis 20 rencontres dans le Tournoi des six nations : sacrées en 2024, comme tous les ans depuis 2019, elles ont également remporté le WXV l’année dernière.
Une certitude se profile : toutes pourront certainement compter sur les encouragements nourris du public, que l’on annonce en nombre, notamment à Twickenham, où la dernière rencontre du tournoi entre l’Angleterre et la France (le 26 avril) pourrait bien se jouer à guichets fermés.
Le XV de France face aux Irlandaises. Les cosélectionneurs de l’équipe de France de rugby, David Ortiz et Gaëlle Mignot, ont dévoilé, jeudi 20 mars, la liste des joueuses convoquées pour affronter l’Irlande, samedi 22 mars à Belfast (14 heures, sur France 2) :
Bourgeois – Llorens Vignères, Konde, Vernier, M. Ménager (cap.) – (o) Arbez, (m) Bourdon Sansus – Okemba, T. Feleu, Escudero – Fall Raclot, M. Feleu (cap.) – Bernadou, Sochat, Brosseau.
Remplaçantes : Bigot, Mwayembe, Joyeux, Berthoumieu, Champon, Chambon, Queyroi, Boulard.
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