Dans le duel de bas de classement de ce samedi, les Bretons jouent sûrement leur dernière carte dans l’opération maintien, alors que les Parisiens veulent éviter de s’enfoncer un peu plus.
Vannes, Petit Poucet du Top 14 et premier club breton à accéder à l’élite, qui lutte pour le maintien, ce n’est pas une surprise. Que le Stade Français Paris, demi-finaliste la saison dernière qui semblait en avoir fini avec ses vieux démons, bataille en bas du classement, c’est plus inquiétant. Et les Parisiens, seulement 13e de l’élite avant la 15e journée, jouent gros ce samedi à la Rabine face aux Vannetais. Seulement sept points séparent les deux équipes en queue de peloton. Vannes peut revenir à seulement 3 ou 4 points de Paris en cas de succès.
«C’est davantage chaud pour eux que pour nous, finalement. Nous, on est dans la situation qui était prévue, a expliqué le manager breton Jean-Noël Spitzer, cette semaine, en conférence de presse. Ce qui compte pour nous c’est d’être meilleurs. Il faut que l’on arrive à progresser, tous, staff, joueurs.» C’est prévu, cette première dans l’élite est compliquée avec seulement trois victoires (Lyon, Castres, La Rochelle) en 14 journées. Mais les Bretons ont régulièrement montré qu’ils n’étaient pas là pour jouer les faire-valoir. Signant notamment un succès historique à Marcel-Deflandre face à l’armada du Stade Rochelais (14-23) et glanant quatre points de bonus, notamment un à Jean-Bouin face au Stade Français (34-31) lors du match aller.
On y va dans une mission maintien parce qu’il ne faut pas se mentir
Julien Tastet, entraîneur adjoint du Stade Français
«Au match aller, on ne fait pas une bonne première mi-temps. On revient miraculeusement dans le match, parce que le terrain synthétique se prête à ce genre de retournements de situation», poursuit le manager vannetais. Et d’insister : «Je pense qu’on a progressé sur certains secteurs, notamment la défense malgré tout. On est capable de faire des séquences défensives de qualité. Et il faut qu’on en ait le moins possible à faire dans notre moitié de terrain.» Pour retrouver le chemin de la victoire à la Rabine après trois revers de suite en Top 14 (UBB, Bayonne, Clermont).
En face, le Stade Français arrive en Bretagne “auréolé” d’une statistique qui inquiète : c’est la seule équipe du Top 14 à n’avoir ramené aucun point de ses sept déplacements (Vannes en a glané 6). Et la confiance n’est pas au beau fixe, Paris a été la seule formation du Top 14 engagée en Champions Cup à être définitivement éliminée de toutes les compétitions continentales après trois défaites en quatre journées (le Racing 92 ayant été reversé en Challenge Cup). «On y va dans une mission maintien parce qu’il ne faut pas se mentir, reconnaît Julien Tastet, l’entraîneur adjoint des Parisiens. On est déterminés à faire un gros match là-bas, à faire un résultat, chose que l’on n’a toujours pas faite à l’extérieur.»
On n’a pas le sentiment de perdre pied, d’être largués ou d’être une équipe qui baisse les bras. On veut rester dans la compétition.
Jean-Noël Spitzer, entraîneur de Vannes
Reste en mémoire la dernière sortie en championnat qui s’était soldée, début janvier, par cette humiliation à domicile contre Bordeaux-Bègles (19-46). L’ailier parisien Samuel Ezeala avait alors eu des mots durs : «Tout le monde a une sensation de honte. Il faut se taire, rentrer chez soi et beaucoup travailler. Depuis le début de la saison, on dit qu’on a un très bon état d’esprit, mais ça ne fait pas tout…» À seulement trois points de la 9e place occupée par les Racingmen, les Soldats Roses doivent également lutter avec les Lyonnais, les Palois et les Perpignanais pour éviter de passer par la case barrage.
«Si vous voyez le classement, on n’est pas très loin de jouer la 6e place», veut positiver le pilier Paul Alo-Emile, qui concède : «Jusqu’à présent, on n’a pas fait une très, très grande saison mais pour relancer la saison, ce match est très important.» Le club parisien – tiraillé par de fortes divisions en interne, selon Midi Olympique – doit se donner un peu d’air. Mais pas sûr que celui de la Bretagne soit le bon.
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Du côté de Vannes, «on n’a pas le sentiment de perdre pied, d’être largués ou d’être une équipe qui baisse les bras, prévient Jean-Noël Spitzer. On veut rester dans la compétition. On est probablement à notre place. On ne sera plus maîtres de notre destin en cas de défaite. C’était quelque chose qui était possible, envisageable, qui allait arriver dans notre saison. Mais on est convaincus que c’est toujours possible…»
En novembre, au moment de la prolongation de son contrat jusqu’en 2028, le technicien vannetais 50 ans, à la tête du club breton depuis 20 ans, avait été clair : «Nous voulons avoir la capacité d’exister en Top 14 et de pérenniser le Rugby Club Vannes dans l’élite du rugby français et nous y mettrons toute l’énergie nécessaire. Que cela passe par une redescente ou non.» Beaucoup de choses se joueront ce samedi.
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