Le manager auvergnat, déçu que son équipe n’ait pas été à la hauteur lors du barrage à Jean-Dauger, pense que cela servira pour l’avenir de l’ASM.
Quelle est votre première réaction après cette défaite contre Bayonne ?
Christophe Urios : On a été battu par une équipe bien plus forte que nous. Ils ont été plus forts. On n’a rien fait d’exceptionnel parce que les conditions n’étaient pas faciles à jouer. Mais ils ont fait des choses mieux que nous. En première mi-temps, on a eu une conquête qui n’a pas été assez bonne, notamment la touche. Notre contre n’était pas bon. Notre discipline, approximative. On est dominé sur la première mi-temps, on tourne à 9-3 et je trouve que ce n’est pas cher payé. En deuxième mi-temps, on a été encore plus sous pression. Le vent est monté davantage. On n’a pas su imposer ce qu’on avait envie de faire. Sur le match, je n’ai pas beaucoup de regrets.
Les Bayonnais se sont-ils mieux adaptés que vous ?
Je ne sais pas si c’est un problème d’adaptation. Je ne sais pas si c’est un problème d’attitude, de comportement, de solidité sur le match. Je trouve qu’on n’a pas été à la hauteur du match. Dans pleins de secteurs. Après, il pleut, il ne pleut pas… La semaine dernière, on était content. On avait fait un match costaud (contre Montpellier) pendant 80 minutes. Aujourd’hui, je n’ai pas ressenti ça.
Aujourd’hui, le meilleur a gagné. C’est une bonne expérience pour nous
Vous n’avez eu la possession du ballon donc c’est difficile de mettre votre jeu en place…
Oui… Après en première mi-temps, tu as deux ballons en touche que tu perds, un lancement où tu te fais prendre le ballon… Je n’ai pas en mémoire une situation – même si les conditions étaient mauvaises – où il y a deux, trois temps de jeu. Alors que cela fait partie de notre fonds de commerce. On n’a pas su le faire. Parce que les conditions n’étaient pas simples. Aujourd’hui, le meilleur a gagné. C’est une bonne expérience pour nous. Les matchs de phase finale, pour les gagner, ce n’est pas simple. Pour les gagner l’extérieur, c’est encore moins simple. On sait ce qu’il nous reste à faire l’année prochaine.
Vous arrivez quand même à tirer du positif de cette saison ?
Oui, je ne vais pas vous faire un dessin par rapport à ce qui s’est passé depuis deux ans. Il y a quand même beaucoup de choses qui sont positives, évidemment. Ce soir, ce qui prédomine chez moi, c’est l’amertume. Demain, quand on fera le bilan de notre saison, il y a des choses qui sont à améliorer. Tant sur le plan de l’état d’esprit, que sur le plan physique, que sur le plan du rugby, mais on sait qu’on avance. Ce soir, je ne me satisfais pas de perdre à Bayonne sur un match de phase finale.
quand tu joues des quarts de finale, tu ne sais pas de quoi demain sera fait. Là, tu es à trois matchs de gagner un bonus… Demain, je ne sais pas
C’était aussi la première fois que l’ASM retrouvait les phases finales depuis quatre ans…
Oui, la satisfaction était la semaine dernière (contre Montpellier et la qualification). Il me faudra un peu de temps pour le digérer. Pour prendre un peu de recul, de hauteur, même si je sais d’où l’on vient. Je sais ce qu’on a fait, ce que le groupe a enduré. Il y a plein de choses qui sont positives. Mais ce soir, j’ai de l’amertume parce que ce n’est pas le match qu’on voulait faire. Ce n’est pas le niveau qu’on avait ces derniers temps. C’est ce qui me fait chier ce soir. Parce que, quand tu joues des quarts de finale, tu ne sais pas de quoi demain sera fait. Là, tu es à trois matchs de gagner le Brennus… Demain, je ne sais pas. Avec le temps, quand on va faire le bilan de tout ça, il y a forcément des choses positives qui vont être intéressantes, notamment sur la construction de la prochaine saison. Parce qu’on va partir de ça.
L’essai qui ne vous est pas accordé, est-ce un tournant du match ?
Je le pense. Je le pense parce que ce n’était pas encore la 70e minute, il y avait 17 à 3, on pouvait revenir à 17 à 10. Franchement, si on marque là, je ne sais pas comment le match peut tourner. Même si on ne montrait pas de signes encourageants, c’est un contre, c’est une erreur de leur part. Mais cela aurait pu nous faire basculer dans autre chose.
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