Top 14 : «Il ne faut pas être gentil», Clermont retrouve le banquet final après un parcours chaotique

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Absent des phases finales du Top 14 depuis 2021, le club auvergnat s’est qualifié in extremis et défie Bayonne dans un Jean-Dauger surchauffée.

Un premier objectif atteint. Sur le fil. À la faveur d’une victoire arrachée sur la pelouse de Montpellier (10-23) lors de la 26e et dernière journée de la phase régulière. Après plusieurs saisons dans le creux de la vague, avec des résultats en dents de scie et une inconstance problématique, Clermont a réussi cette saison à retrouver le chemin des phases finales du Top 14. Une première depuis 2021 pour le club double champion de France (2010 et 2017), qui avait perdu de sa superbe ces dernières saisons. Retour de flamme. L’ASM a réussi à coiffer, dans la dernière ligne droite, Castres et La Rochelle et à se hisser à la cinquième place.

«Notre qualification est méritée même si on a eu un creux pendant l’hiver», a reconnu le manager auvergnat Christophe Urios, au cœur de la tempête fin mars. Avec un enchaînement de cinq défaites d’affilée – pire série pour le club depuis 1965-1966 (six défaites) et 1992-1993 – et une dégringolade à la 9e place. À l’époque, les Jaunards souffraient d’un manque chronique d’efficacité et de réalisme. Le manager de l’ASM, avait confié, après un court succès à la Rabine face au promu Vannes : «J’en ai marre de voir mon vestiaire triste. Les gars sont affectés, déçus. C’est dur pour eux, quand ils dominent de cette façon.»

On est la seule équipe du monde où, tu regardes le match, tu te dis qu’on est bien, tu vas pisser un coup, tu reviens, ce ne sont plus les mêmes mecs

Christophe Urios

Mais les nuages se sont finalement dissipés au-dessus du Puy-de-Dôme. Après avoir mis fin à leur série noire, les Auvergnats ont enchaîné cinq succès lors des sept dernières journées du Top 14. Et gagné en sérénité. Faisant taire des critiques récurrentes depuis l’arrivée d’Urios en Auvergne. «Quand je vois le public, sa transhumance jusqu’à Montpellier, c’est incroyable. C’est plus que de la passion, c’est de l’amour. Les gens peuvent se reconnaître dans l’équipe», a souligné le technicien passé par Oyonnax, Castres et l’UBB. Ce vendredi, 1.500 supporters clermontois ont rallié Bayonne pour soutenir les leurs dans la bouillante enceinte de Jean-Dauger.

Et, pour se préparer et s’acclimater à l’ambiance hostile qui les attend, les joueurs de l’ASM se sont entraînés au son du Vino Griego, l’hymne de l’Aviron. Face aux difficultés à «se connecter, se parler, trouver des repères dans un contexte aussi bruyant», l’entraîneur des trois-quarts auvergnats Frédéric Charrier explique que «l’idée était de se confronter à cela, qu’on ne passe pas une semaine à se préparer tranquillement, sans bruit autour de nous, et appréhender l’ambiance des grands soirs à Bayonne». 

Si cette qualification pour les phases finales est déjà une réussite, qu’attendre de l’ASM ? Peut-elle viser, sur une pelouse inviolée cette saison, une qualification pour le dernier carré ? Sur les ondes de Sud RadioChristophe Urios a regretté l’inconstance de ses troupes, capables du meilleur comme du pire. «On est tellement irréguliers, a-t-il regretté. D’ailleurs ça pose problème à nos supporters, ils ne comprennent pas comment c’est possible ! On est la seule équipe du monde où, tu regardes le match, tu te dis qu’on est bien, tu vas pisser un coup, tu reviens, ce ne sont plus les mêmes mecs. Tu as pris 4 essais et tu es catastrophique !» Attention aux régulières chutes de concentration et aux trous d’air fatals.

Je suis venu ici à Clermont pour jouer ce genre de match. Je vais apprendre mais je suis bien entouré de mecs avec beaucoup d’expérience

Baptiste Jauneau

Même s’ils n’ont pas la faveur des pronostics, les Clermontois ont, pour eux, l’expérience des matches couperets, même si leur effectif a été bien renouvelé. Ce que confirme le jeune et brillant demi de mêlée Baptiste Jauneau. «Je suis venu ici à Clermont pour jouer ce genre de match. Je vais apprendre mais je suis bien entouré de mecs avec beaucoup d’expérience», avance-t-il, partagé entre «excitation» et «appréhension». Les moments compliqués cette saison ont permis au groupe de se faire le cuir.

«Ce sera ce type de match avec de la tension, des matches qui en quelques secondes peuvent t’échapper, ou basculer d’un côté comme de l’autre», met en garde Frédéric Charrier. Et Christophe Urios de poursuivre : «On progresse sur plein de choses mais peut-être que l’on a aussi besoin d’être au pied du mur. On manque un peu d’insolence parfois. Il ne faut pas être gentil. Et parfois, je trouve qu’on l’est trop. Le fait d’être au pied du mur, ça nous a décoincés un peu.» Reste à confirmer à Jean-Dauger. Tout sauf une balade de santé.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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