L’opération pour décomprimer l’hématome intracrânien dont souffre le descendeur français Cyprien Sarrazin à la suite de sa lourde chute à l’entraînement à Bormio, en Italie, vendredi 27 décembre, s’est « bien passée », a annoncé la Fédération française de ski (FFS) sur X, samedi. « Il reste sous anesthésie pour le moment », a ajouté la fédération, précisant que de plus amples informations seraient communiquées « dans la journée ».
C’est lors du second entraînement pour la descente de Coupe du monde de Bormio – dont le début est prévu samedi à 11 h 30 –, que le skieur, numéro 2 mondial en descente l’hiver dernier, a chuté. Meilleur temps du premier entraînement la veille et en tête lors de chaque chrono intermédiaire de ce second entraînement, le Français a perdu le contrôle de ses skis sur la dernière difficulté de la piste Stelvio.
Il s’est littéralement envolé sur un mouvement de terrain avant d’atterrir brutalement et d’être arrêté par les filets de protection au terme d’une longue glissade. Après vingt minutes de soins, le skieur de 30 ans a été héliporté vers l’hôpital d’une commune voisine de Bormio.
La FFS avait rapidement fait savoir qu’il était « conscient », avant d’expliquer vendredi en fin d’après-midi qu’il souffrait d’un hématome intracrânien, nécessitant une intervention pour le drainer.
Critiques sur la préparation de la piste
Deux autres skieurs se sont gravement blessés lors de ce second entraînement, relançant les critiques sur la préparation de la Stelvio, l’une des pistes les plus difficiles du circuit où auront lieu les épreuves masculines de ski alpin des Jeux olympiques d’hiver 2026 de Milan Cortina. « Ils ne savent pas préparer une piste », a ainsi déclaré sur Eurosport le Français Nils Allègre, critiquant sa dangerosité. « Ils ne méritent pas d’avoir les Jeux olympiques ici. »
Le patron de la Coupe du monde masculine de ski alpin s’est défendu. « Il y a maintenant des critiques chaque semaine : à Gurgl [Autriche], le tracé était trop dur, à Levi [Finlande] trop lisse… Nous sommes un sport qui se pratique en plein air », a déclaré Markus Waldner à l’issue de la réunion des capitaines d’équipes, vendredi soir à Bormio.
« Les organisateurs font leur maximum pour préparer au mieux les pistes et [la Stelvio] a été préparée comme elle l’est chaque année », a assuré le responsable de la Fédération internationale de ski (FIS). « Le problème, c’est que le jour de Noël il y a eu beaucoup de vent et on sait ce que fait le vent : il a séché la neige du bas vers le haut, ce qui explique que la neige n’était pas uniforme sur la piste qui fait 3 kilomètres et qu’il est impossible de rendre uniforme », a-t-il assuré.
Pour Markus Waldner, directeur de la Coupe du monde masculine depuis 2014, le principal problème du ski de haut niveau est l’évolution du matériel qui permet aux skieurs d’aller toujours plus vite. « C’est trop agressif, nous avons atteint les limites, il n’y a plus de marge. Il est difficile de trouver les bons skis qui fonctionnent sur les secteurs durs puis sur les secteurs moins durs. C’est ça le problème, si tu vas à la limite, il arrive ce qu’il s’est passé vendredi », a-t-il estimé.
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« Nous avons besoin de la coopération de tous. Les équipementiers nous écoutent, pas les plus grosses fédérations nationales », a ajouté le responsable de la FIS.
Source du contenu: www.lemonde.fr
