Dans le dur en cette fin de saison, le Français ne nourrit plus d’espoir de remporter enfin la timbale en Coupe du monde de slalom ce jeudi, à Sun Valley (États-Unis). Un crève-cœur pour le champion olympique de la discipline.
Sauf miracle, Clément Noël ne décrochera pas ce jeudi le premier globe de cristal de sa carrière en slalom. Lui qui avait déjà échoué à la deuxième place durant trois saisons d’affilée, de 2019 à 2021, n’a plus son destin entre les spatules du côté de Sun Valley, théâtre des finales de la Coupe du monde. Même s’il venait à s’imposer entre les piquets américains, il lui faudrait également compter sur un échec retentissant de Henrik Kristoffersen, le Norvégien ne devant pas finir dans les 16 premiers (autant dire qu’il faudrait le voir enfourcher), tandis que le Suisse Loïc Meillard, l’homme en forme de cette fin de saison, terminerait au mieux 3e. Un scénario qui comporte sans doute trop de si pour se concrétiser, même si l’histoire du sport est pavée de retournements de situation incroyables…
En tout cas, le Français, lui, n’essaie même pas de faire semblant d’y croire lorsqu’il affirmait, après sa 7e place lors du dernier slalom à Hafjell (Norvège) : «Même sans faire une super course, Henrik Kristoffersen termine 5e, ce qui démontre qu’il est là, qu’il ne va pas lâcher comme ça. Et Loïc Meillard, depuis les Mondiaux, est dans une forme exceptionnelle, dans tout type de conditions. Donc ils vont jouer le globe de cristal ensemble. De mon côté, je vais simplement disputer ma dernière course à fond, en espérant que j’arrive à skier comme je veux et que je sois rapide.» Résigné, mais aussi frustré le Français, comme il le confiait au Dauphiné Libéré : «Cela fait déjà un bon moment que je ressens pas mal de frustration, pour des raisons différentes. Aux Mondiaux, je sors en skiant bien. Et lors de mes deux dernières courses, j’ai dû skier dans des conditions que j’apprécie peu et que j’arrive moins à gérer. Donc ça fait un bon moment que je n’ai pas fait une performance qui me satisfait. Maintenant, je ne vais pas me plaindre, je fais le maximum.»
Le record de Jean-Noël Augert battu
Une frustration liée également à son excellent début de saison, qui avait fait naître de grands espoirs de le voir enfin remporter ce globe de cristal que son talent mérite. Vainqueur à Levi (Finlande), puis à Gurgl (Autriche), le Vosgien avait frappé fort d’emblée et même si Val d’Isère ne lui souriait pas avec une sortie de piste lors du seul géant auquel il a pris part cette saison, ce qui l’a privé le lendemain du slalom, il parvenait à rebondir tout de suite avec une 6e place à Alta Badia (Italie), avant deux nouveaux succès à Adelboden (Suisse) et Kitzbühel (Autriche). Une dernière victoire qui lui permettait de rentrer un peu plus dans la légende du ski alpin hexagonal puisqu’il s’agissait de sa 14e en Coupe du monde, record de Jean-Noël Augert dans la discipline battu. À ce moment-là, la perspective d’un doublé titre mondial-globe de cristal paraissait plus atteignable que jamais…
Ma saison pourrait être à 95 % belle et aboutie, même sans globe et sans médaille aux Mondiaux.
Clément Noël
Las, les Mondiaux disputés à Saalbach agissaient comme un véritable coup d’arrêt pour Clément Noël, en course pour le sacre jusqu’à quelques piquets de l’arrivée lors de la seconde manche avant d’enfourcher, lui l’auteur du meilleur chrono du premier acte. À ce moment-là, contre mauvaise fortune, le Français s’efforçait de faire bon cœur : «Je ne vais pas ressasser cet échec pendant des jours et des jours. J’ai encore des courses à faire en cette fin de saison et je vais essayer d’être bon (…) Je vais essayer de regarder vers l’avant parce que regarder derrière, ça ne sert à rien.»
Mais en dépit de cette note d’intention, le champion olympique du slalom en 2022 ne réussissait pas à retrouver la même aisance sur une neige trop molle, et moins glacée comme il les affectionne tant. Résultat, à Kranjska Gora (Slovénie), il signait une anonyme 10e place, avant, donc, sa 7e place à Hafjell qui le rejetait à 86 points de Kristoffersen. Loin, très loin du compte, alors même qu’à Sun Valley ce jeudi (première manche à 17h, seconde à 20h) il pourrait décrocher un cinquième succès. «Le but est toujours de gagner le plus souvent, et de montrer qu’on a fait le boulot pleinement», estimait-il dans les colonnes de L’Équipe. «Quatre victoires, déjà, c’est cool. Ma saison pourrait être à 95 % belle et aboutie, même sans globe et sans médaille aux Mondiaux.» Pour cela, il faudra attendre 2026 où il tentera le doublé JO 2026-globe de cristal. À 28 ans, l’avenir lui appartient toujours.
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