Les championnats du monde en petit bassin débutent ce mardi à Budapest sans le quadruple champion olympique.
Budapest (du 10 au 15 décembre) devait être le point final d’une année folle. Après quatre médailles d’or aux Jeux olympiques de Paris 2024 (400 m 4 nages, 200 m papillon, 200 m brasse, 200 m 4 nages ; plus la médaille de bronze du relais 4 x 100 m 4 nages), Léon Marchand « épuisé » a finalement renoncé au rendez-vous hongrois. Après les JO, le Toulousain avait retrouvé l’entraînement en septembre avant de replonger en compétition lors d’une tournée très réussie en Coupe du monde (Shanghai, Incheon, Singapour) fin octobre-début novembre avec des succès lors des épreuves combinées (100 m 4 nages, 200 m 4 nages, 400 m 4 nages). Mais la réalité l’a rattrapé. Le cocktail des sollicitations et des compétitions a eu raison de sa résistance. Il devenait urgent de tourner la page, d’éviter la goutte d’eau qui aurait fait déborder le bassin, de prévenir l’usure physique et mentale.
Si les championnats du monde déplorent de nombreuses absences (l’Italien Thomas Ceccon, le Hongrois Kristof Milak, l’Australien Kyle Chalmers, l’Américaine Katie Ledecky ou la Suédoise Sarah Sjöström), la compétition dans la Duna Arena ne manque pas d’attrait avec notamment la Canadienne Summer McIntosh (triple championne olympique à Paris), les Américaines Kate Douglass et Regan Smith ou le Suisse Noé Ponti. Et des Bleus dans le sillage de Anastasia Kirpichnikova (médaillée d’argent du 1500 m aux JO de Paris 2024) qui ne s’alignent pas sans ambition. « Ce n’est pas une équipe complète, il y a des gens qui ont coupé carrément. Il y a Maxime (Grousset, sur 50 m nage libre, 100 m nage libre et 100 m papillon), nos deux dossistes Mewen (Tomac) et Yohann (Ndoye Brouard). Il y a aussi Clément Secchi, le papillonneur de Marseille. Derrière, chez les filles, il y a Beryl Gastaldello. Après on travaille aussi pour le futur », résume Gilles Sezionale, le président de la Fédération française.
Les 17es championnats du monde en petit bassin (les premiers datent de 1993 à Palma de Majorque) marqueront le grand retour des Russes. 27 sont inscrits dans la capitale hongroise. Depuis l’exclusion de la Russie des compétitions internationales en raison de l’invasion en Ukraine, c’est la première fois qu’autant de nageurs russes sont autorisés à prendre part à une compétition internationale qui a ses particularités.
« On en a d’autres qui nagent aussi très, très vite sous l’eau, comme Mewen (Tomac) »
Julien Issoulié
Julien Issoulié, le Directeur technique national, décrypte les différences entre grand et petit bassin : « C’est un peu comme en athlétisme avec les compétitions à l’extérieur et à l’intérieur et leurs spécificités. Les petits bassins permettent de dégager d’autres profils de nageurs. C’est un tempo un peu plus rapide. Cela met un peu plus en valeur les aspects techniques, notamment les parties non nagées, parce que les nageurs passent beaucoup plus de temps sous l’eau que sur des courses en grand bassin. Et c’est aussi très vivant, parce qu’avec tous les virages, cela amène plus de rapidité dans les courses, c’est toujours intéressant à regarder. Léon Marchand là-dessus, il est vraiment fort. C’est sa qualité première et c’est vrai vu qu’ils ont le droit de nager 15 m sous l’eau à chaque longueur, forcément quand les longueurs font 25 m, ça compte double presque. Mais on en a d’autres qui nagent aussi très, très vite sous l’eau, comme Mewen (Tomac). Cela permet de voir aussi différents profils. On a eu l’exemple avec Beryl Gastaldello qui a été très, très forte en petit bassin, avant d’être aussi forte en grand bassin. »
La sélection française, Femmes : Béryl Gastaldello, Mélanie Henique, Anastasiia Kirpichnikova, Pauline Mahieu, Analia Pigree. Hommes : Roman Fuchs, Maxime Grousset, Antoine Herlem, Damien Joly, Yohann Ndoye-Brouard, Clément Secchi, Mewen Tomac.
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