Le défi est d’envergure. Pourtant, Pierre Mignoni l’assure : il est avant tout sportif. « Notre club n’a plus besoin de recruter des figures Panini », a insisté, mardi 25 février, l’entraîneur du Rugby Club toulonnais (RCT) auprès de plusieurs médias. Une réaction après l’annonce surprise, dans la matinée, de la dernière recrue de la formation varoise, dont le nom a largement sa place dans les collections de cartes des joueurs historiques. Déjà passé par la rade de 2015 à 2018, puis lors de la saison 2020-2021, le centre Ma’a Nonu va de nouveau endosser le maillot rouge et noir. Un retour improbable pour le double champion du monde avec les All Blacks (en 2011 et en 2015), désormais âgé de 42 ans.
La légende néo-zélandaise (103 sélections) avait repris ses quartiers au sein du club au muguet depuis deux semaines pour s’y initier au métier de coach. Cependant, ni l’intéressé ni Pierre Mignoni n’avaient envisagé qu’il rechausse les crampons, six mois après son dernier match disputé en championnat des Etats-Unis. « C’est un monument du rugby, et je lui laisse carte blanche. Je pense qu’il a envie d’entraîner », assurait le technicien français, le 13 février, cité par Var-Matin, incitant ses joueurs à « se nourrir de [la] présence » de Ma’a Nonu.
La situation du RCT, combinée à l’état de forme du quadragénaire, a incité Pierre Mignoni à changer son fusil d’épaule. « A la fin de sa première semaine en immersion avec nous, quand j’ai vu nos blessés, je lui ai demandé si ça ne l’intéressait pas de rejoindre l’effectif », explique-t-il, insistant sur le fait que même s’il n’avait pas d’équipe depuis six mois, le Néo-Zélandais n’était pas pour autant « à la retraite ». Surpris par la proposition, Ma’a Nonu, qui avait échoué deux fois en finale du Top 14, en 2016 puis en 2017, lors de son premier passage dans le Var, « n’a pas dit non », avant finalement d’accepter.
Il devient le plus vieux joueur du Top 14
Une batterie de tests a ensuite été effectuée – « plus que [sur] n’importe quel autre joueur qu’on recrute aujourd’hui », précise le technicien. « On a évalué ce qu’il était capable de donner à l’équipe sur les plans physique et mental, et ça a été positif », ajoute-t-il. Le club « ne se paie pas un symbole ». Même si l’ancien All Black devient le plus vieux joueur du Top 14.
Actuel deuxième du championnat de France et qualifié pour les huitièmes de finale de la Champions Cup, le RCT ne cache pas ses ambitions pour la fin de saison. « Aujourd’hui, l’équipe travaille dur et tourne sans lui. Il va venir pour se mettre à son service », souligne Pierre Mignoni, persuadé que l’icône « va avoir un impact » sur ses partenaires rouge et noir, même s’il ne joue pas à tous les matchs, comme il l’a montré lors de ses quinze jours en immersion.
Avec deux titres de champion du monde et cinq sacres dans le Rugby Championship (anciennement Tri-Nations) avec la sélection néo-zélandaise, Ma’a Nonu ne manque pas d’expérience. Et si ses nouveaux partenaires n’ont pas encore raconté avoir échangé sa vignette Panini au cours de leur enfance, ils connaissent son pedigree. « Nonu, je l’avais uniquement croisé sur [le jeu vidéo] Rugby 08 », s’esclaffait ainsi Esteban Abadie, 27 ans, à la mi-février, cité dans Var-Matin. Mardi, certains ont cru à une plaisanterie – un brin anticipée – du 1er avril. Mais les terrains du Top 14 vont bien retrouver les dreadlocks les plus célèbres du rugby.
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