DECRYPTAGE – Auteur d’une énième saison de qualité, l’inoxydable milieu de terrain mènera encore sa sélection face aux Bleus, en quarts de finale de Ligue des nations.
«Modric est un cadeau pour le football, de par son sérieux, sa qualité et son professionnalisme». Signé Carlo Ancelotti, en conférence de presse fin février, après la victoire du Real Madrid face à Getafe (2-0). Rencontre durant laquelle Luka Modric avait inscrit une merveille de but sur une demi-volée depuis l’extérieur de la surface, célébré par un tonnerre d’applaudissements au Bernabéu. «Il devrait rester aussi longtemps qu’il le souhaite», poursuivait le tacticien italien, toujours sous le charme de son milieu de terrain croate, qui enchaîne une 13e saison du côté de la capitale espagnole.
Un exercice 2024-25 pour le moins remarquable, puisque le Ballon d’or 2018 en est déjà à 44 matches (dont 12 en Ligue des champions) sous les couleurs de la «Maison Blanche», pour 19 titularisations. Difficilement entendable, mais à 39 ans, ce dernier est même le Madrilène le plus utilisé cette saison (62 matches, club et sélection confondus). Alors forcément, les records tombent. Son but à Valence, début janvier, lui a permis de devenir le buteur le plus âgé de l’histoire du Real Madrid en compétition officielle (39 ans et 116 jours), dépassant la légende Puskas (39 ans et 15 jours).
À lire aussi
Son avenir après les Bleus, Zidane, Mbappé… Les vérités de Didier Deschamps au Figaro
Assurance tous risques éternels
Après un coup de moins bien entre 2019 et 2020, le vice-champion du monde a su se réinventer et retrouver un important volume de jeu sous les ordres de Carlo Ancelotti (revenu à Madrid en 2021), ce dernier comptant aujourd’hui plus que tout sur son maître à jouer. Pour preuve, début mars face à l’Atlético Madrid, lors du huitième de finale aller de Ligue des champions, son entrée en jeu aux alentours de la 60e minute a métamorphosé un Real en difficulté.
Calme, serein et facilitateur, «l’ordinateur» – comme l’a surnommé l’ancien footballeur, aujourd’hui consultant, Omar da Fonseca – pose même des problèmes à la concurrence. «Même à la retraite et avec 70 petits enfants, Modric sera toujours meilleur que Güler» a asséné le journaliste espagnol Antonio Romero sur la Cadena SER, interrogé sur l’apport de la jeune recrue turque (20 ans) face à Villareal, samedi dernier.
À VOIR AUSSI – Le joli but de Modric avec le Real Madrid contre le Deportiva Minera en Coupe du Roi en janvier dernier (0-5)
”
data-script=”https://static.lefigaro.fr/widget-video/short-ttl/dugout/index.js”
>
Alors que les plus grands joueurs – Zidane, Iniesta, Messi ou encore Neymar, entre autres -, ont quitté l’Europe globalement tôt, lui, continue de performer au plus haut sommet du Vieux Continent, preuve de sa forme éternelle. Une régularité qui l’amène à être encore sélectionné avec la Croatie, année après année. Vétéran mais toujours capitaine, Modric devrait une fois de plus être le gardant du milieu de terrain croate face aux hommes de Didier Deschamps, agitant l’inquiétude d’une certaine dépendance, dans un pays au vivier loin d’être élargi.
Vlatko Vučetic et la recette de la régularité
Si Luka Modric performe toujours autant et ne se blesse que très rarement – impressionnant au vu de la longévité de sa carrière -, son préparateur physique, Vlatko Vučetic, n’y est pas étranger. Les deux hommes se sont rencontrés il y a une quinzaine d’années et continuent de travailler ensemble autour d’un programme basé sur différents critères (loisirs, hygiène de vie, hydratation, famille, psychologie, motricité).
«Je lui ai donné un programme et il le suit presque tous les jours, plus de 350 fois par an, parfois à la maison et d’autres fois à la Ciudad Deportiva. Il le fait 45 minutes avant l’entraînement», explique ce dernier auprès du média espagnol Relevo . Et d’ajouter, admiratif de l’état d’esprit de son joueur : «Il le fait parce qu’il est convaincu que c’est bon pour lui. Même s’il n’aime pas ça, il sait que s’il veut être la meilleure version de lui-même, il doit travailler sur lui-même. Parfois, il n’a pas envie de s’entraîner, mais il veut réussir. Ce n’est pas si facile d’avoir cette mentalité.»
«Son âge métabolique est inférieur à 30 ans»
À l’image d’un Cristiano Ronaldo (toujours appelé en sélection à 40 ans avec le Portugal), Luka Modric est un travailleur né. L’été dernier, après sa sixième Ligue des champions remportée face à Dortmund (un record), la légende madrilène a redoublé d’efforts pour revenir à son meilleur niveau, jamais rassasié. «Il nageait et courait beaucoup sur le tapis de course car il voulait être au top de sa forme dès le premier jour d’entraînement avec le Real Madrid (…) Le caractère est très important dans le football. Et Luka a un mental fort et travaille dur».
«Il est vrai qu’il n’a ni 20, ni 30 ans, il a l’âge indiqué sur le calendrier. Mais grâce à toutes ces saisons où il a misé sur la prévention… son âge métabolique est inférieur à son âge chronologique (…) Son âge chronologique est de 39 ans, mais son âge métabolique est inférieur à 30». Peu de chances que Luka Modric continue jusqu’à la cinquantaine, mais «le dinosaure» -comme l’ont surnommé avec affection certains suiveurs du football européen -, n’a certainement pas dit son dernier mot.
”
data-script=”https://static.lefigaro.fr/widget-video/short-ttl/video/index.js”
>
Source du contenu: www.lefigaro.fr
