Le MMA, pugilat débridé à ses débuts, est aujourd’hui un sport encadré par des règles et des restrictions

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Le 5 décembre 2009, Jon Jones dispute son quatrième combat au sein de l’Ultimate Fighting Championship (UFC). Jusque-là, l’Américain, considéré par la majorité des fans de MMA (arts martiaux mixtes) comme le meilleur combattant de tous les temps, malgré un passif de dopage et de violences, n’a jamais été mis en difficulté. Ce duel contre son compatriote Matt Hamill ne fait pas exception.

Dans le premier round, « Bones » Jones emmène son adversaire au sol, l’enfourche et fait pleuvoir des coups de coude, une de ses spécialités. L’arbitre interrompt la séquence pour… disqualifier Jon Jones. Le futur champion des poids mi-lourds, alors âgé de 22 ans, reste bouche bée à l’annonce de la décision. Il vient de connaître la seule et unique défaite de sa carrière de « GOAT » (pour « greatest of all time ») du MMA.

La raison ? Les deux derniers coups de coude envoyés par Jones l’ont été « de 12 heures à 6 heures », soit de manière verticale. Un coup interdit, car jugé trop dangereux. La décision surprend d’autant plus qu’en 2009, aux yeux du grand public, le MMA relève davantage de la bagarre entre deux individus dans une cage, un seul d’entre eux en ressortant sur ses deux pieds. Quinze ans plus tard plus tard, le sport n’a rien à voir avec ce pugilat débridé.

En 1993, quand la ligue américaine monte sa première compétition, à Denver (Colorado), elle ne fixe pas de catégorie de poids, pas de limite de temps, pas de tenue réglementaire… Considérant le tableau trop violent, de nombreux Etats américains interdisent alors l’organisation d’événements UFC sur leur sol et l’entreprise doit réagir. Quelques règles sont introduites et des limites de temps définies, qui vont faciliter les retransmissions dans les programmes des chaînes de télévision.

Vingt-huit interdits

Mais le vrai tournant intervient en 2003, lorsque la commission athlétique du Nevada édicte des « règles unifiées du MMA » pour faciliter son expansion sur le sol américain comme à l’étranger. Evolutives, elles comprennent aujourd’hui 28 interdits. Certains, assez évidents, n’existaient pourtant pas en 1993 : frapper avec la tête, mettre les doigts dans les yeux, tirer les cheveux… D’autres, plus spécifiques à cette pratique, l’aident à devenir un sport codifié : interdiction de projeter son adversaire hors de la cage, d’agripper celle-ci avec les doigts, de frapper sur la colonne vertébrale… Les fédérations nationales y ajoutent quelques restrictions supplémentaires pour les catégories amateur et les combats chez les plus jeunes, où les coups de coude et les genoux à la tête sont, par exemple, proscrits.

Les athlètes peuvent l’emporter par un K.-O., une soumission, un arrêt de l’arbitre si l’un des protagonistes n’est plus en mesure de se défendre, ou à la faveur des juges si le combat va à son terme. Les confrontations respectent des catégories de poids – sept chez les femmes et neuf chez les hommes. Une partie des combats se déroulant sous l’égide de ligues privées, l’adoption de cet ensemble de règles reste à la discrétion des organisateurs.

Le MMA demeure un sport très jeune amené à évoluer. Depuis le 1er novembre 2024, la réglementation internationale considère comme légaux les coups de coude portés de « de 12 heures à 6 heures » chez les professionnels. Une directive que l’UFC a décidé de suivre à la lettre et qui devrait être progressivement adoptée par les fédérations nationales. En attendant, Jon Jones cherche, lui, à profiter de cette nouvelle règle pour faire annuler sur tapis vert la seule défaite de sa carrière.

Source du contenu: www.lemonde.fr

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