« Le message du football semble être qu’il peut s’exonérer de ses responsabilités environnementales au motif qu’il divertit »

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« Décarbonons le sport » : c’est l’intitulé et le mot d’ordre d’un rapport de l’association The Shift Project commandé par les fédérations françaises de football et de rugby. L’effort est louable, mais, s’il désigne le chemin qu’il reste à parcourir, l’évidence est que le football professionnel ne le suit pas encore : 15 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) dues à la pratique de ce sport lui sont attribuées, contre 85 % au football amateur, mais ces proportions sont à rapporter au fait que les 1 400 joueurs professionnels représentent une infime fraction des 2,2 millions de licenciés. L’empreinte carbone individuelle des premiers est ainsi de 30 tonnes de CO2 par an, contre 0,7 tonne pour les seconds.

Le principal poste d’émissions résidant dans les déplacements des équipes et des spectateurs, le nombre de ces derniers et les distances à parcourir sont des multiplicateurs que reflète le type de compétitions professionnelles, selon qu’elles sont nationales ou internationales : les 6 % de matchs internationaux pèsent pour 61 % des émissions.

La conclusion du rapport est claire : l’atteinte des objectifs climatiques (83 % de GES en moins d’ici à 2050) est incompatible avec une augmentation du nombre de spectateurs et/ou de matchs internationaux. Or le football international ignore plus que jamais les deux principales recommandations, de « proximité » et de « modération », formulées par les auteurs.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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