Livre. Guillaume Desmurs se souvient. Ce 17 octobre 1986, lui et ses copains du collège Jean-Rostand de Moûtiers (Savoie) bondissent de joie à l’annonce de l’attribution à Albertville des Jeux olympiques (JO) d’hiver de 1992. Cette victoire, c’est celle de la montagne française et de ses stations de sports d’hiver sorties de terre grâce au plan Neige en plein cœur des « trente glorieuses ». C’est le triomphe du tourisme, de l’immobilier et du ski, moteurs de l’économie de montagne. Trente-deux ans plus tard, quand, le 24 juillet 2024, les Alpes françaises obtiennent l’organisation des Jeux d’hiver 2030, l’enthousiasme de l’adolescent a cédé la place à l’inquiétude et aux critiques de l’adulte, devenu journaliste spécialiste des problématiques liées à la montagne.
Dans Le Crépuscule des Jeux (Paulsen, 176 pages, 22 euros), Guillaume Desmurs revient sur les coulisses de la candidature des Alpes françaises aux JO 2030 et de leur attribution par le Comité international olympique. Mais l’auteur va plus loin et passe au crible les promesses du projet, ficelé en quelques mois à peine à l’été 2023 par les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, « coachées » par David Lappartient, le président du Comité olympique français.
Non, les Jeux d’hiver 2030 n’ont pas fait l’objet d’une consultation populaire en France ; non, ils ne seront ni sobres ni économes, soutient l’auteur, chiffres des dépenses publiques à l’appui ; non, ils ne seront pas davantage durables, contrairement aux promesses d’un nouveau modèle de JO plus respectueux de l’environnement vanté par les organisateurs.
Une industrie « à bout de souffle »
L’intention de l’auteur n’est pas de faire le procès des anneaux olympiques, lui-même a vibré devant les exploits des sportifs à Albertville ou à Paris pendant l’été 2024. Mais dans un monde bouleversé par le changement climatique, écrit-il, les JO cristallisent les tensions, entre des partisans « soucieux de poursuivre l’exploitation d’une industrie du ski à bout de souffle », comme l’a souligné la Cour des comptes dans un rapport de février 2024, et leurs opposants, qui y voient « une occasion trop belle de le dénoncer ».
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