La pratique d'une activité physique, élément essentiel pour bien vieillir

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Le vieillissement s’accélère en France où 20% de la population a plus de 65 ans. Les plus de 60 ans pourraient représenter un tiers des habitants en 2050 et la priorité aujourd’hui n’est plus d’allonger la durée de la vie, mais d’améliorer la qualité de vie des personnes vieillissantes.

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La pratique du sport fait partie des axes prioritaires pour vieillir dans de bonnes conditions. Et il n’y a pas d’âge pour pratiquer une activité physique. 

« L’activité physique a beaucoup de bénéfices, et ce quel que soit l’âge, explique à RFI le docteur Thomas Renoncourt, gériatre au CHU de Dijon. Ça permet des régulations sur le long terme. Par exemple, quand on va se mouvoir, on fait de la pression sur nos muscles, sur nos os qui vont stimuler nos différents organes. »

Améliorer la confiance et l’estime de soi

Avec le sport, on améliore ses fonctions cognitives, la confiance et l’estime de soi. On améliore aussi son sommeil et on apaise son anxiété. « Sur le long terme, on sait qu’il y a une association entre la sédentarité et la maladie d’Alzheimer », souligne au passage Thomas Renoncourt.

Et avoir été un pratiquant assidu depuis sa jeunesse change la donne. Pour les personnes qui ont toujours pratiqué un sport, il y a une différence entre l’âge physiologique et l’âge chronologique. « Je peux avoir 70 ans, mais si je m’entretiens suffisamment bien, je peux avoir les mêmes paramètres physiologiques que quelqu’un de 60 ans. C’est le fameux “je fais dix ans plus jeune”, donc on différencie bien l’âge physiologique et l’âge chronologique », précise Thomas Renoncourt.

« Avoir toujours fait du sport protège des maladies cardiovasculaires ou encore de l’ostéoporose, poursuit le docteur Thomas Renoncourt. On est capable de le dire puisqu’on a de grandes études, de grands essais cliniques qui nous ont confirmé ça maintes et maintes fois ». 

Âgé de 80 ans, le Français André Ozanne en est un exemple. Il a signé un chrono de 3 h 30 en novembre 2025 sur le marathon de La Baule. Des 42,195 km, le Bordelais en a d’ailleurs couru plus d’une centaine. À 48 ans, il avait réalisé sa meilleure performance 2 h 30 minutes et 53 secondes. Pour info, le temps moyen d’un marathon est d’environ 4 heures et 30 minutes pour les coureurs amateurs. « J’ai commencé la course à pied en 1978, à l’âge de 33 ans. Avant ça, j’avais pratiqué le judo, beaucoup, depuis l’âge de 14 ans jusqu’au niveau de ceinture noire 2e dan. Je l’ai même enseigné », a-t-il témoigné dans les colonnes de L’Équipe. 

Sortir de la solitude

Marcher, faire du vélo ou encore nager… Toutes ces activités offrent aussi l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes et de sortir de l’isolement lié au troisième âge. En France, selon le troisième baromètre « Solitude et isolement : quand on a plus de 60 ans en France », dévoilé en septembre 2025 par l’association les Petits Frères des Pauvres, l’isolement extrême des aînés explose. Le chiffre est parlant : 750 000 personnes âgées sont aujourd’hui en situation de mort sociale. 

« À partir du moment où vous commencez à perdre votre entourage amical, vous devenez veuf ou veuve et vous n’avez pas forcément d’enfants, vous pouvez vous retrouver en isolement social. Si vous faites moins d’activité physique, ça veut dire que vous sortez moins aussi, donc vous vous coupez aussi du monde extérieur. Et ça favorise aussi les syndromes dépressifs. L’activité physique a donc aussi des bienfaits indirects », décrypte Thomas Renoncourt. 


Séance de tai-chi dans les jardins du Palais Royal à Paris. AFP – ALAIN JOCARD

Le tai-chi à 81 ans

Un exemple illustre les bienfaits de l’activité physique chez les séniors. Madeleine, 81 ans, pratique deux fois par semaine le tai-chi. Cet art martial traditionnel d’origine chinoise offre à cette ancienne grande asthmatique un « bien être incomparable ».

« C’est une activité lente, continue, qui nécessite une concentration. Les mouvements sont complexes. Ça demande de l’équilibre. C’est à la fois physique et mental. Ça fait du bien aux articulations et je respire mieux après une séance », expose-t-elle. Et d’ajouter : « Je me suis fait des amis dans mon groupe. Quand on vieillit, c’est important de garder des relations. Le tai-chi peut se pratiquer jusqu’à la mort. » Une étude parue en 2004 dans le Britanic Journal Sport a démontré que le tai-chi favorise une meilleure proprioception kinesthésique au niveau des articulations de la cheville ou du genou.

À Dijon, la kinésithérapeute France Mourey a démontré de son côté que le tango adapté chez les personnes âgées, notamment avec un peu de troubles cognitifs, permettait de vraiment bien travailler la coordination, les mouvements, fait valoir Thomas Renoncourt. « Il y a plein de façons d’adapter l’activité physique aux personnes âgées, même avec de la dépendance », assure-t-il en guise de conclusion. 

Source du contenu: www.rfi.fr

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