Nommé directeur technique national (DTN) de la Fédération française de tennis (FFT) en mars, Didier Retière a dévoilé, vendredi 16 mai, les premières orientations de la politique qu’il compte mettre en œuvre. L’ancien rugbyman, qui a déjà occupé les mêmes fonctions au sein de la Fédération française de rugby, est le successeur de l’ancien joueur de tennis Nicolas Escudé, qui a quitté sa charge en juillet 2024 après une brouille avec le président, Gilles Moretton, et plusieurs mois d’arrêt-maladie.
S’il a reconnu « être en train de réfléchir » au lancement prochain d’une mission spécifiquement consacrée au haut niveau féminin, Didier Retière n’a pas amorcé de grand chambardement dans la FFT, quinze jours après sa prise de fonctions. Peu de nouveaux visages sont attendus dans le nouvel organigramme de la direction technique nationale qu’il pense présenter rapidement : M. Retière a confirmé qu’il entendait travailler avec Daniel Courcol, le directeur général adjoint de la FFT, Mathilde Lethuillier, la directrice technique nationale adjointe, et Patrick Vergnes, le responsable des relations avec les territoires.
« Je ne suis pas un expert du tennis, mais j’ai une connaissance du haut niveau et du fonctionnement d’une fédération sportive, a déclaré M. Retière. Je suis là pour apporter un regard différent, en m’appuyant sur la richesse de la fédération. »
Concernant la gestion du haut niveau, il a confirmé qu’il comptait travailler de façon étroite avec le Croate Ivan Ljubicic, responsable depuis décembre 2022 du haut niveau à la FFT. « Nous avons une grande proximité, a déclaré le DTN. J’ai un profond respect pour sa manière de fonctionner. C’est quelqu’un d’humble et d’accessible. Nous travaillons sur le même projet, avec des regards différents. Mon rôle est celui d’un manageur qui propose des idées. »
« On a besoin de l’ADN “bleu” »
La question du maintien à son poste de l’ancien no 3 mondial pour continuer à diriger le haut niveau national se posait, notamment au vu de la mauvaise passe du tennis féminin tricolore depuis plus d’un an. Varvara Gracheva, la seule représentante française dans le top 100 mondial, n’est pas issue du giron fédéral – elle a été naturalisée en 2023. « On est dans un creux de cycle, a estimé M. Retière, mais le travail réalisé auprès des jeunes sera payant à moyen et long termes, c’est-à-dire dans six à huit ans. »
Battue par la Colombie en 2024, l’équipe de France féminine évolue désormais dans la deuxième division de la Billie Jean King Cup (ex-Fed Cup). Didier Retière entend accorder une attention particulière aux équipes de France. « On a besoin de cet ADN “bleu” car le grand public est marqué par ça, a-t-il expliqué. Au-delà de leur classement mondial, je vois les joueurs et les joueuses français d’abord [comme] les ambassadeurs de nos clubs. »
Une autre priorité de son mandat sera la féminisation des fonctions d’encadrement dans le tennis français. « Il y a beaucoup d’endroits où les femmes ne sont pas assez représentées. Que des femmes puissent accéder à des fonctions importantes au sein de la fédération doit devenir un réflexe », a insisté M. Retière. Concernant l’implication d’anciennes joueuses françaises au sein de la FFT, comme Marion Bartoli, Alizé Cornet ou Amélie Mauresmo, l’ancien rugbyman ne ferme pas la porte. « Evidemment, on a besoin de ces grandes championnes, dit-il. La fédération a besoin de leur image et de leur expérience, mais il faut les intégrer dans un projet en les aidant à acquérir les compétences nécessaires si besoin. »
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