La Fédération française de karaté critiquée pour son inaction dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles

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Les problèmes de gouvernance et la présidence jugée autoritaire de Francis Didier ne sont pas les seuls dysfonctionnements de la Fédération française de karaté et disciplines associées (FFKDA). Selon Sandrine Barbarin, membre du conseil d’administration, les témoignages de victimes – majeures et mineures – d’agressions physiques et de violences sexistes et sexuelles se multiplient depuis plusieurs mois. La karatéka, également avocate, cite les cas d’un président de club de Charente-Maritime et de son ancienne élève, qui auraient été agressés en 2019 par le président du comité départemental, ou encore celui d’une femme qui déclare avoir été victime d’agression sexuelle à l’étranger il y a plusieurs années par son professeur (toujours en activité) et à qui plusieurs jeunes athlètes ont confié avoir subi des faits similaires.

En mars, le cas d’une jeune espoir tombée sous l’emprise de son entraîneur qui a abusé d’elle sexuellement a été jugé par le tribunal correctionnel de Meaux (Seine-et-Marne). Reconnu coupable d’atteinte sexuelle sur un mineur de plus de 15 ans commise par un majeur abusant de l’autorité de sa fonction, l’agresseur a été condamné à dix-huit mois de prison assorti d’un sursis probatoire de trois ans et d’une interdiction d’exercer pendant cinq ans. La mère de la jeune karatéka reprochait à la FFKDA d’avoir ignoré ses alertes.

La fédération, qui n’a suspendu l’éducateur de ses fonctions qu’après la décision du tribunal correctionnel, se retranche derrière les délais des procédures entre les condamnations judiciaire et disciplinaire. Elle met en avant le « partenariat [conclu] depuis de nombreuses années avec l’association Fight for Dignity [qui aide les femmes victimes d’agression à se reconstruire grâce au karaté] ». « Notre comité d’éthique et de déontologie est régulièrement sollicité sur ces questions de violences sexistes et sexuelles, fait valoir Mario Grumic, directeur des services de la FFKDA. Des histoires anciennes “remontent” avec la libération de la parole. Mais dès que les faits sont suffisamment établis, des mesures disciplinaires sont prises. »

« Pas de signalement au ministère »

« C’est de l’affichage, s’indigne Gilles Cherdieu, ancien directeur technique national (de 2021 à 2023) et candidat à la présidence de la fédération. Rien n’est fait pour l’accompagnement des victimes. Quant au comité d’éthique, il ne joue pas son rôle, il n’est pas indépendant. Tout ce qui lui remonte passe au filtre du service juridique de la fédération », dénonce le triple champion du monde. Soutien de Gilles Cherdieu dans la campagne, Sandrine Barbarin abonde : « Il n’y a pas de formation ni de campagne de sensibilisation aux violences sexuelles et sexistes. Quand une victime a le courage de parler, le comité d’éthique ne fait pas de signalement au ministère des sports. »

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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