La violence de la charge ne pouvait les laisser indifférents. Mardi 14 janvier, la direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), le gendarme financier du football professionnel français, et la Fédération française de football (FFF) ont réagi aux attaques lancées, lundi, par John Textor, le propriétaire américain de l’Olympique lyonnais (OL).
Dans un entretien accordé à la radio RMC, ce dernier avait dénoncé la « protection institutionnelle » dont bénéfice, selon lui, le Paris Saint-Germain. Le patron de l’OL avait, au passage, qualifié Vincent Labrune, le président de la Ligue de football professionnel (LFP) de « petit toutou » de Nasser Al-Khelaïfi, le patron du PSG. « L’influence du PSG sur la Ligue et la DNCG devait être regardée de plus près », avait estimé M. Textor.
Mardi, dans un communiqué, la DNCG a qualifié d’« affirmations infondées » les propos du président de l’OL. Celles-ci « occultent la réalité d’une situation financière [celle de l’Olympique lyonnais] qui appelle des solutions concrètes et crédibles », avance l’instance.
En novembre 2024, après étude des finances du club rhodanien, la DNCG a sanctionné l’OL d’une interdiction de recrutement et a encadré sa masse salariale, tout en décidant d’une rétrogradation à titre conservatoire à l’issue de la saison 2024-2025. Le 10 janvier, ces mesures ont été confirmées par la commission d’appel de la FFF.
« Méconnaissance manifeste et persistante »
« Les déclarations de M. Textor sur le prétendu rattachement de la DNCG à la Ligue, ou sur un traitement discriminatoire à l’égard de l’Olympique lyonnais, témoignent d’une méconnaissance manifeste et persistante des règles de fonctionnement de la régulation financière du football professionnel en France », ajoute l’instance.
« Malgré [un] accompagnement inédit, M. Textor persiste à vouloir faire croire que la DNCG aurait mal compris son modèle et appliqué un traitement inéquitable à l’OL », affirme aussi le gendarme financier.
Concernant les critiques de John Textor sur le PSG, propriété du fonds Qatar Sports Investments, et les « financements illimités d’Etats étrangers », la DNCG précise que « les apports de fonds souverains hors UE sont conformes au droit applicable », invitant le dirigeant lyonnais « à concentrer ses efforts sur la mise en œuvre des mesures nécessaires pour rétablir une situation financière saine » pour son club.
La FFF a également réagi, mardi, dans un communiqué, aux attaques de M. Textor en apportant « son soutien et sa pleine confiance dans la DNCG ». « Celle-ci agit en totale indépendance et avec une parfaite intégrité dans ses analyses. Elle constitue un élément essentiel d’une saine régulation du football professionnel », estime la FFF.
La Fédération souligne par ailleurs que son président, Philippe Diallo, compte prendre « l’initiative, dans les prochaines semaines (…), de réunir les différentes parties prenantes pour analyser les conséquences de la situation actuelle et trouver les pistes de l’indispensable rebond du football professionnel ».
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