En six jours d’une semaine olympique inoubliable, Joan-Benjamin Gaba est passé de l’anonymat d’un judoka classé au 35e rang mondial à la lumière accordée à l’un des héros des Jeux de Paris. Médaillé d’argent dans la catégorie des moins de 73 kg, à la surprise générale, le 29 juillet 2024, il avait renversé, cinq jours plus tard, le redoutable Japonais Hifumi Abe au terme d’un combat homérique en finale de l’épreuve par équipes, ce qui avait permis aux Bleus de se relancer avant de conserver leur couronne.
« Je ne m’attendais pas à ce que ma performance dans l’épreuve collective ait encore plus d’impact [que le podium individuel], raconte au Monde l’intéressé, dix mois plus tard. A chaque fois que je croise quelqu’un, il m’en parle. Ça a marqué les gens. » Dans la foulée des JO, le Francilien de 24 ans a multiplié les apparitions « dans des médias qu’il suivait et appréciait ». Il arrive aussi désormais qu’il soit reconnu dans la rue. Mais, « ce n’est pas un fardeau », explique-t-il : « Cela ne perturbe pas mon entraînement, ni ma mentalité. »
A l’heure de disputer les championnats du monde de judo, à Budapest, dimanche 15 juin, où il vise un premier podium, Joan-Benjamin Gaba, désormais classé au 12e rang mondial, est toutefois conscient que ce changement de statut s’accompagne d’une pression nouvelle. « Depuis le début de la saison, j’ai eu le temps de m’y habituer, assure-t-il. Il y en a d’autres qui sont très attendus, ça ne les a pas empêchés de performer. » Il est également bien placé pour savoir que la surprise peut venir d’un combattant méconnu. « Il ne faut jamais prendre les gens de haut. Il faut se méfier encore plus de ceux que l’on ne connaît pas. Leur envie est au moins aussi forte que la nôtre. »
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