Qui revêtira le premier maillot rose de l’édition 2025 du Giro ? Les candidats ne manquent pas pour tenter de tirer leur épingle du jeu dès la première étape du Tour d’Italie cycliste, qui s’élance d’Albanie, vendredi 9 mai. Ce 15e départ de l’étranger verra les 184 coureurs sillonner, trois jours durant, le pays de la péninsule balkanique, avec une première journée courte mais qui promet d’être corsée. Une manière de prolonger la saison, tout juste achevée, des classiques, avec un profil faisant la part belle aux baroudeurs, comme Wout van Aert, Tom Pidcock ou Mads Pedersen.
« J’ai déjà porté le maillot de leader [au classement général] sur le Tour de France et la Vuelta [le Tour d’Espagne]. Ce serait un rêve d’avoir aussi le maillot rose sur le Giro », a souligné Wout van Aert, avant le grand départ. Au sortir d’un printemps, où il a peiné à rivaliser avec les ogres Tadej Pogacar et Mathieu van der Poel, le Belge de la formation Visma-Lease a Bike aspire à remonter la pente lors de ce premier grand tour de la saison.
En l’absence du dernier vainqueur, le Slovène de l’équipe UAE Emirates, Tadej Pogacar, qui « cannibalise » les courses dont il prend le départ depuis plusieurs saisons, ce 108e Tour d’Italie s’annonce ouvert. D’autant que le Danois Jonas Vingegaard (Visma-Lease a Bike), double vainqueur du Tour de France (2022, 2023) et rival numéro un du champion du monde, a une nouvelle fois fait l’impasse sur la Botte pour se focaliser sur sa préparation à la Grande Boucle. Et que le Belge Remco Evenepoel (Soudal Quick-Step) a également choisi une autre voie que le Giro cette année.
Sans ces épouvantails, plusieurs de leurs victimes de ces dernières années pourraient se démarquer, à commencer par le vétéran Primoz Roglic. A 35 ans, le chef de file de l’équipe Red Bull-Bora-Hansgrohe, quadruple vainqueur de la Vuelta (2019, 2020, 2021 et 2024), est l’un des cinq anciens vainqueurs du Giro à prendre le départ de cette édition. « Pour être honnête, je n’ai pas encore reconnu d’étape », a déclaré le Slovène, pragmatique, en conférence de presse, évoquant un « parcours difficile et équitable ».
« Une course où tout peut arriver »
Il devrait trouver sur sa route le jeune leader de l’équipe UAE Emirates, Juan Ayuso. A 22 ans, le coureur catalan figure parmi les favoris pour son premier Tour d’Italie. Celui qui avait pris la troisième place de la Vuelta juste avant de souffler ses 20 bougies, en 2022, a un appétit de loup sur les courses dont il prend le départ, et dispose d’une forte équipe pour le seconder. S’il estime avoir « gagné le droit de croire » à une victoire, l’Espagnol pense que ce Giro ne sera « pas juste un duel » entre Roglic et lui. Cette édition du Tour d’Italie « promet une belle bagarre étant donné l’homogénéité des forces en présence », avance-t-il dans Vélo Magazine.
Du côté des Français, treize coureurs tricolores sont au départ, à commencer par Romain Bardet. A 34 ans, le grimpeur auvergnat dispute l’ultime course de trois semaines de sa carrière, avec l’intention d’entrer dans le club fermé des vainqueurs d’étape sur les trois grands Tours. « Je ne me considère pas en fin de route. J’ai de vraies ambitions, car le Giro est une course où tout peut arriver, où rien n’est jamais écrit à l’avance », a insisté le coureur de la formation Picnic PostNL.
Les deux premières semaines de la course italienne s’annoncent animées, avec notamment la 9e étape entre Gubbio et Sienne sillonnant, sur 30 kilomètres, les chemins de gravier blanc des Strade Bianche, ou la 11e étape, au cours de laquelle les coureurs graviront l’Alpe San Pellegrino (1 623 mètres). Mais ce 108e Giro devrait se jouer une nouvelle fois dans les tout derniers jours, notamment lors des deux étapes de montagne de Champoluc et Sestrières, à l’avant-veille et à la veille de l’arrivée à Rome.
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