France-Allemagne : et à la fin, ce n’est plus toujours la Frauenteam qui gagne

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Pendant deux décennies, ses footballeuses ont dominé l’Europe. Entre 1989 et 2013, l’Allemagne n’a laissé échapper qu’un seul sacre continental, en 1993. C’est bien simple, c’est la sélection la plus titrée de l’histoire du championnat d’Europe des nations. Depuis, le lustre de la DFB Frauenteam (L’équipe féminine, en français) s’est un peu terni. La sélection s’est bien offert la couronne olympique, à Rio en 2016, mais elle n’est plus cette machine à gagner implacable.

Opposée à l’équipe de France pour une place dans le dernier carré de l’Euro 2025, samedi 19 juillet, à Bâle (Suisse), l’Allemagne reste un adversaire redoutable. En 2022, c’est elle qui avait mis fin à l’aventure des Bleues (2-1) en demi-finales, avant de s’incliner face à l’Angleterre, pays hôte, en finale (1-2).

Le dernier duel entre les deux sélections, en février 2024, en Ligue des nations a tourné à l’avantage des Françaises (2-1), mais pas question pour autant d’aborder la rencontre avec un excès de confiance ou un complexe d’infériorité. Le sélectionneur Laurent Bonadei sait que ce match face à la Frauenteam sera « difficile ». « C’est aussi dans ce genre d’épreuve qu’on va voir si on a la capacité d’ambitionner plus qu’un quart de finale », a-t-il expliqué en conférence de presse.

Un des pays pionniers de la pratique féminine

Aux côtés de la Norvège, de la Suède et des Etats-Unis, l’Allemagne fut un pays pionnier dans la pratique féminine du football, rappelle l’ancienne internationale française Camille Abily, désormais consultante pour la chaîne TF1. « Elle avait un vrai temps d’avance sur les pays plus latins qui ont mis du temps à se développer, avec des joueuses exceptionnelles comme Birgit Prinz [cinq titres européens, deux titres mondiaux] et Steffi Jones [trois titres européens, un mondial], retrace-t-elle. Ce sont les autres nations qui ont progressé plutôt qu’elles qui auraient régressé, même si leur dernier titre date de 2016. »

Il y a dix ans, les Bleues de Camille Abily avaient été sorties par les Allemandes du Mondial au Canada, aux tirs au but. Mais, pour cet Euro, l’ancienne milieu de terrain donne l’avantage aux Françaises. « Elles ont les moyens de battre cet adversaire. Pour moi, elles sont légèrement favorites, même si je sais qu’elles n’aiment pas trop ce statut », développe l’entraîneuse adjointe de Chelsea, convaincue par le « premier tour abouti » du groupe de Laurent Bonadei.

La phase de groupes a été plus mitigée pour les Allemandes. Après deux succès, contre la Pologne (2-0) – un match où leur capitaine Giulia Gwinn s’est gravement blessée – et le Danemark (2-1), les joueuses du sélectionneur Christian Wück ont cédé la première place à la Suède, après une lourde défaite (1-4). Une déroute que tient toutefois à nuancer Camille Abily : « un carton rouge précoce [de l’arrière Carlotta Wamser à la 31e minute] a faussé la rencontre. » Laurent Bonadei imagine qu’elles seront « revanchardes », samedi, à l’image de la gardienne Ann-Katrin Berger, critiquée au pays après sa prestation ratée contre les Scandinaves.

Une jeune génération talentueuse en attaque

S’il faut s’attendre à ce qu’elles montrent un autre visage lors de ce quart de finale, l’ex-numéro 10 des Bleues pense que leur défense, toujours privée de Giulia Gwinn et de Carlotta Wamser, sa remplaçante – est « en dessous » de l’attaque de la France, qui a réussi à faire vaciller l’Angleterre lors des phases de groupe le 5 juillet, « une équipe plus complète ».

En retour, il faudra surveiller la force offensive des coéquipières de Lea Schüller, buteuse opportuniste. « En attaque, la jeune génération [allemande] a du talent : Klara Bühl [24 ans] et Jule Brand [22 ans] font un très bon début d’Euro », analyse Camille Abily. Les retours probables de la capitaine Griedge Mbock et de Maëlle Lakrar au sein de la défense française pourraient s’avérer cruciaux pour maîtriser les qualités allemandes.

Quelle que soit l’équipe qui sortira vainqueure de ce quart de finale, la suite s’annonce déjà délicate. En demi-finales, le 23 juillet, elle trouvera sur sa route le grand favori, l’Espagne, qui a fait chuter (2-0) la Suisse, pays hôte, vendredi soir.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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