La devanture cent pour cent française de l’écurie Alpine aura duré un peu moins de deux saisons en formule 1. Avec le départ, à un Grand Prix de la fin de la saison, du Normand Esteban Ocon, l’argument commercial « cocorico » prend fin de manière anticipée pour le constructeur tricolore.
Lundi 2 décembre, Alpine a confirmé la titularisation de son pilote de réserve, l’Australien Jack Doohan, lors de l’ultime course de la saison, dimanche à Abou Dhabi. Renault justifie ce départ avancé qui doit « permettre à Esteban d’être transféré [vers l’écurie américaine] Haas [et de] participer aux essais d’après-saison à Abou Dhabi », du 11 au 13 décembre.
Doohan, espoir de 21 ans, avait déjà été annoncé comme pilote pour la saison 2025, au côté du Français Pierre Gasly. Cela lui permettra, à lui aussi, de participer aux tests d’après-saison prévus la semaine prochaine sur le circuit Yas Marina.
En faisant ce choix, le management d’Alpine prend toutefois un risque en ce qui concerne le classement des constructeurs, puisque l’écurie, actuellement 6e, ne devance les Américains d’Haas que de cinq points. La différence financière entre une 6e ou une 7e place s’élève à environ 10 millions d’euros, de quoi ajouter un peu de pression au débutant Doohan.
Recruté en 2020, Esteban Ocon termine son aventure chez Renault sur une triste 106e course, marquée par une dernière position sur la grille de départ et un accrochage fatal dès le premier virage. Au sein d’une équipe qui n’arrive pas à atteindre les objectifs fixés depuis quelques saisons et qui a même annoncé abandonner la conception maison de son moteur à l’horizon 2026, le pilote de 28 ans a fait ce qu’il a pu : trois podiums (2e en Malaisie en 2020, 3e à Monaco en 2023 et 2e au Brésil cette saison) et une victoire en Hongrie, en 2021, l’unique de sa carrière – et de l’entité Alpine en F1.
Fils d’un quintuple champion du monde de moto
Dimanche, avant même l’officialisation de son départ anticipé et après le Grand Prix du Qatar, l’avant-dernier rendez-vous du calendrier F1, Esteban Ocon laissait percevoir son émotion : « Je voudrais remercier les mécanos, les ingénieurs pour tous leurs efforts sur cette course, mais aussi sur tout le reste de l’année. »
Puis, au moment d’aborder une éventuelle dernière course, il lâchait, après un long silence : « On verra. » En 2025, le Français aura l’occasion de refaire ses preuves dans un autre baquet de F1, en remplacement de l’Allemand Nico Hülkenberg.
Newsletter
« Sport »
Enquêtes, reportages, analyses : l’actualité du sport dans votre boîte e-mail chaque samedi
S’inscrire
De son côté, Jack Doohan poursuit son ascension progressive depuis qu’il a rejoint l’Alpine Academy – en provenance du programme junior de Red Bull –, en 2022. Cette année-là, il avait déjà participé aux essais d’après-saison à Abou Dhabi, ce qui lui avait permis d’être intronisé en tant que pilote de réserve.
Né sur la Gold Coast australienne, il est le fils de Mick Doohan, quintuple champion du monde consécutif de moto entre 1994 et 1998. Depuis 2018, il a grimpé tous les échelons de la course automobile en remportant des courses en F4, en F3 et en F2. En 2023, Jack Doohan avait terminé à la troisième place du championnat du monde de formule 2. En F1, le niveau sera bien plus relevé.
Source du contenu: www.lemonde.fr
