Ce n’est pas certain que ça la console beaucoup, mais Emma Raducanu pourra toujours se dire qu’elle a marqué deux jeux de plus à Iga Swiatek que lors de l’Open d’Australie. A Melbourne, en janvier, la Britannique de 22 ans n’avait pas existé au troisième tour face à la Polonaise, qui s’était imposée au petit trot (6-1, 6-0). Quatre mois plus tard, les deux joueuses se retrouvaient au deuxième tour de Roland-Garros. Pour un résultat similaire : dominatrice dans tous les compartiments du jeu, Iga Swiatek a pris le dessus sans forcer son talent (6-1, 6-2).
Durant les 80 minutes qu’a duré la rencontre, Emma Raducanu a pu mesurer tout ce qui la séparait de son adversaire, triple tenante du titre à Roland-Garros. Et se demander une fois encore où est passé le niveau de jeu qui lui a permis de remporter l’US Open 2021 à la surprise générale. Arrivée dans l’anonymat le plus total à New York, elle avait enchaîné dix victoires pour s’extirper des qualifications et traverser le tableau jusqu’à soulever le trophée sans perdre le moindre set. Le tout à seulement 18 ans.
Le tennis féminin se cherchait un visage pour remplacer ceux de Serena Williams et Maria Sharapova, et l’éclosion d’Emma Raducanu tombait à pic. D’autant que les annonceurs n’ont pas mis longtemps à se jeter sur le phénomène. Compagnie aérienne, marque d’eau minérale, joaillier… Tous se sont arraché cette joueuse à l’air de vent de fraîcheur, dont le parcours – elle est née au Canada d’une mère chinoise et d’un père roumain et est arrivée à deux ans au Royaume-Uni – en faisait le canal idéal pour parler au plus grand nombre.
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