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Jamais entrée dans sa rencontre, l’équipe de France a logiquement été balayée par la Croatie (2-0) jeudi, à Split, en quarts de finale aller de la Ligue des nations.
Sur son banc de touche, Didier Deschamps reste prostré, la mine des mauvais jours. Devant lui, ses joueurs rentrent aux vestiaires la tête basse et hagards. En face, Luka Modric et sa bande communient avec un public du désuet mais charmant stade Poljud en transe. Split est en fête. Logique, tant les Dalmates ont maté des Bleus catastrophiques (2-0) et jamais entrés dans leur quart de finale aller de Ligue des nations jeudi soir.
La mission est connue pour dimanche à Saint-Denis : réaliser un grand match et renverser les Croates, sous peine de dire adieu au Final Four et entamer plus tôt les qualifications à la Coupe du monde 2026. L’équipe de France ne méritait pas mieux de son voyage sur la cote Adriatique, comme si elle avait oublié la raison de sa venue. Un match international, pas des vacances.
Des Bleus totalement naufragés
Les coaches disent souvent que l’échauffement reflète la production du début de match et jeudi soir en fut le parfait exemple. En donnant l’impression d’être lourds et empruntés avant la rencontre, les Bleus ont malheureusement confirmé les signaux négatifs entrevus à travers un premier acte calamiteux. Dominés dans les duels, laxistes au marquage, incapables de se faire deux passes consécutives avec des milieux portés disparus autour d’une animation offensive illisible et sans aucun poids (Dembélé en faux n°10 avec Mbappé et Kolo Muani attaquants axiaux), les vice-champions du monde ont vécu un vrai naufrage dans le chaudron d’un stade Poljud aux anges.
Une défense à l’agonie, une équipe à la dérive
Pourtant, Mike Maignan avait retardé l’échéance en détournant le penalty de Kramaric, après une main grossière d’Ibrahima Konaté (8e). La belle idée aurait été de s’en servir pour sortir la tête de l’eau et enfin entrer dans ce quart de finale… Raté, avec 45 premières minutes cataclysmiques d’une équipe de France malaxée dans tous les sens. Même face à des Croates qui n’ont rien d’un rouleau-compresseur mais totalement décomplexés avec le soutien de 33.000 spectateurs venus voir la chute des Bleus, les hommes de Deschamps ont plié une première fois sur une tête de Budimir (1-0, 25e), avec Koundé et Saliba en grands fautifs. Idem juste avant la pause avec un but du vétéran Perisic (36 ans), qui a encore une fois profité des largesses françaises (2-0, 45+1) pour se rappeler au bon souvenir du public tricolore, lui qui a débuté sa carrière au FC Sochaux. Logique et attendu, tant le collectif bleu s’est montré à l’agonie, sans idée, ressort, ni orgueil, tel un bateau ivre déserté par tous ses membres.
Deschamps a sa part de responsabilité
Dans ces moments-là, de souffrance totale, il n’y a pas cinquante solutions. Revenir à la surface ou couler définitivement. Sur son banc, et aussi coupable face une animation offensive inexistante et un collectif amorphe, Didier Deschamps a tenté de sortir l’ensemble du marasme. En sortant Konaté, passé totalement à côté de sa première période (ce n’est pas le seul), pour Upamecano, puis en repassant Dembélé à un poste d’ailier droit dans un 4-4-2 puis un 4-3-3 classique. Pour quel résultat ? Quelques actions, enfin, du duo Dembélé-Mbappé (59e, 61e, 62e, 81e), sans pour autant provoquer quelconque frisson dans une rencontre maîtrisée par la treizième nation Fifa. C’est dire le niveau français…
Dembélé-Mbappé, duo en perdition et mal utilisé
Dans ce premier match des Bleus en 2025, le public attendait avec impatience l’association entre le Parisien, meilleur buteur européen depuis le début de l’année, et le Madrilène. Ce fut finalement une vraie déception, pour ne pas dire plus. Les deux hommes sont les premiers fautifs, mais ce ne sont pas les seuls tant l’animation offensive française fut inexistante jeudi. Avec des milieux fantomatiques, un Dembélé utilisé en faux numéro 10 puis ailier droit, tout ce qu’il ne fait pas au PSG, le sélectionneur a aussi sa part de responsabilité dans cet échec. Le joueur le plus en forme n’a pas eu la liberté attendue, formaté dans un rôle qui n’est pas le sien, trop loin du but alors qu’il enchaîne les réalisations dans la capitale (22 en 2025). Il a tenté de sonner la révolte en fin de rencontre, sans succès. Il reste désormais une occasion de se rattraper dimanche soir dans un Stade de France à guichets fermés. Dembélé et les Bleus n’auront plus d’excuse. Ils doivent une revanche et un sursaut d’orgueil après le naufrage de Split.
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