Ces sportifs qui nous ont agacés en 2024: Matthieu Jalibert, un caractère de soliste et des écarts qui ne font pas l’unanimité

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SÉRIE – Brillant cette saison avec l’UBB, l’ouvreur international s’est hélas aussi illustré hors du terrain. Pour de mauvaises raisons.

À Bordeaux, Matthieu Jalibert est une véritable idole. Il fallait voir comment le public de Chaban-Delmas l’a ovationné quand, micro à la main,il a annoncé qu’il prolongeait son contrat avec son club de toujours jusqu’en 2028. Un accueil de rock star pour un joueur intimement lié à la belle progression du club girondin. Le maître à jouer d’une Union Bordeaux-Bègles qui a brillé de mille feux, la saison dernière et cette année aussi, par son jeu offensif flamboyant et sa ligne de trois-quarts de «Galactiques», qui fait désormais les beaux jours du XV de France. Revenu in extremis de blessure pour la finale du Top 14 (largement) perdu face à Toulouse, il n’avait pas pu empêcher le naufrage de son équipe. Pari perdu.

Mais, plus problématique, c’est par son attitude et quelques comportements déplacés que le numéro 10 international s’est tristement illustré cette année. Notamment un chambrage qui est mal passé. En mai dernier, à l’occasion du match contre le Stade Rochelais, il s’était permis de taper sur la nuque de Grégory Alldritt qui venait de se faire devancer, au moment d’aplatir dans son en-but, par Damian Penaud. Un geste de provocation que n’avait pas goûté le numéro 8 rochelais qui était alors son capitaine en équipe de France en l’absence d’Antoine Dupont.

Au rugby, dès que tu fais un truc un peu décalé, on sous-entend que tu as mentalité de footeux, une sale mentalité

Matthieu Jalibert

À son retour à Marcoussis, Jalibert avait eu droit à un recadrage de la part du staff et de Charles Ollivon sur les devoirs et les obligations d’un international. Problème : il n’en était pas à son premier esclandre puisqu’il avait également été critiqué pour un autre chambrage, cette fois sur l’arrière de Castres, Julien Dumora. Depuis ses débuts professionnels, le Bordelais renvoie – à tort ou à raison – l’image d’un joueur suffisant, arrogant. Très présent sur les réseaux sociaux, il cultive volontiers son côté un peu provocateur. Il y a quelques années, d’aucuns lui reprochaient ses… excentricités capillaires. «Au rugby, dès que tu fais un truc un peu décalé, on sous-entend que tu as mentalité de footeux, une sale mentalité», s’était-il défendu. 

Si les choses s’étaient arrêtées là, ce ne serait pas bien grave. Sauf que cet automne, son attitude a directement impacté le XV de France. En l’absence de Romain Ntamack (en phase de reprise), il s’imaginait enfiler le costume d’ouvreur numéro 1 des Bleus mais Fabien Galthié et son staff en ont décidé autrement, donnant les clés du camion à Thomas Ramos. Vexé de ne pas être dans le groupe de 23 joueurs retenus pour affronter les All Blacks, il a alors refusé d’être réserviste et a regagné ses pénates, célébrant cela en postant sur Instagram une photo de son.. chien. Fabien Galthié a désamorcé les choses en avançant qu’«il n’y a pas de polémique avec Matthieu»

Je sais que je n’ai pas tout fait parfaitement dans ma carrière mais j’ai toujours été honnête et droit dans mes bottes. Je peux me regarder dans une glace

Matthieu Jalibert

L’intéressé est ensuite longuement revenu sur cet épisode, évoquant «une période compliquée, pas facile à gérer mais ça fait partie du sport de haut niveau» : «On a parlé avec Fabien, on a discuté pendant de longues minutes, je lui ai dit ce que je ressentais, ce que j’avais sur le cœur depuis la Coupe du monde. Il l’a entendu, il m’a proposé cette option (de rentrer à Bordeaux) que j’ai acceptée. Il n’y a pas de problème. (…) On parle beaucoup de bien être et de santé mentale et parfois il faut savoir dire stop quand il y a un trop-plein. C’était pour moi, je pense, la meilleure option et cela m’a fait du bien.» 

Et de faire une mise au point sur les attaques dont il est régulièrement la cible. «J’ai toujours l’impression qu’on essaye de me donner une mauvaise image. Je sais que je n’ai pas tout fait parfaitement dans ma carrière mais j’ai toujours été honnête et droit dans mes bottes. Je peux me regarder dans une glace, c’est le plus important pour moi. Mais parfois, et notamment pour ma famille, c’est assez pesant d’entendre toutes ses personnes qui donnent leur avis sans vraiment connaître la situation et sans me connaître personnellement.» Des paroles qui ont été entendues. C’est toujours plus simple de faire savoir les choses. 

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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