CAN 2025 : la chronique de Joseph-Antoine Bell – «Le Nigeria devrait avoir la honte de sa vie!»: les joueurs des Super Eagles face aux primes non payées

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Chaque jour, le consultant de RFI Joseph-Antoine Bell analyse les faits marquants de la CAN 2025. L’ancien gardien des Lions indomptables s’attarde sur les différentes polémiques autour de la sélection nigériane à deux jours de son quart de finale et sur le maintien en poste du sélectionneur français de l’Angola, Patrice Beaumelle. Joseph-Antoine Bell répond aux questions de Sophiane Amazian.  

Sophiane Amazian: Joseph-Antoine Bell,  pas de match ce jeudi au Maroc. Mais quand même plusieurs thématiques à aborder avec vous. D’abord, on va aller direction la sélection nigériane. Vous l’avez vu, cette possibilité de ne pas disputer le quart de finale qui est prévu ce samedi contre l’Algérie, car des primes n’ont pas été payées. Joseph Antoine Bell, est-ce que vous comprenez l’agacement des joueurs nigérians? 

Joseph-Antoine Bell: Situation totalement anachronique. On ne peut pas, en 2025, avoir encore des problèmes comme ça à régler, avoir encore même à en entendre parler. C’est le géant de l’Afrique qui nous montre sa vanité. 

Oui. On peut même parler un petit peu d’incompétence des dirigeants nigérians… 

Pas un petit peu. Les joueurs dans cette affaire sont le doigt qui nous montre la lune. Non, il ne faut pas regarder le doigt. Si les joueurs se plaignent de ça, ce qu’on doit voir, c’est l’incompétence de ceux qui les encadrent. Et si on doit continuer comme ça, eh bien il vaut mieux dire aux joueurs: « Prenez l’équipe, gérez, vous n’avez pas de dirigeant ». 

Ça mettrait plus de responsabilités sur les joueurs. Blague à part, Joseph Antoine Bell, est-ce que quand même, sportivement, c’est le bon moment de réclamer cela quand on est une équipe qualifiée pour les quarts de finale et surtout favorite pour avoir le titre à la fin. 

Ce n’est pas une question de bon moment. Je pense que le Nigeria devrait avoir la honte de sa vie, ce n’est pas possible. Si les joueurs réclament autant de primes, c’est pas une, c’est pas la dernière, c’est qu’ils ont déjà joué dans cette situation auparavant et on en est arrivé à trois ou quatre primes. Or, le souvenir immédiat, c’est que pour aller aux barrages, ils avaient déjà dû réclamer les primes de leur match de qualification précédent. Ce n’est vraiment pas sérieux.  

On va rester sur le Nigeria puisque ce n’est pas la première « affaire » dans la compétition. Il y a quelques jours, on en a parlé sur RFI, cette prise de bec entre Ademola Lookman et Victor Osimhen, cette scène qui a fait le tour du monde. Maintenant, on parle des primes. Est-ce que tout ce contexte un petit peu négatif, ça pourrait avoir un impact sportivement sur l’équipe?  

Pour ce qui s’est passé entre Osimhen et Lookman, pour moi, il n’y a rien de grave. C’est quelque chose entre deux partenaires, deux joueurs qui aiment gagner, qui veulent gagner. D’ailleurs, dans ce match, Lookman a donné deux passes décisives à Osimhen. Donc, il n’est pas possible qu’ils aient un réel différent qui les empêche de jouer ensemble. 

Autre polémique, Joseph-Antoine Bell, on va aller direction l’Algérie avec l’attaquant Mohammed Amoura qui, juste après la qualification des Fennecs face à la République démocratique du Congo, a décidé de chambrer le supporter le plus connu au monde. Maintenant, Michel Kuka dit « Lumumba », c’est un geste qui a valu de vives critiques. Le joueur s’est depuis excusé. C’est quand même une polémique qui n’a pas lieu d’être. 

Non, c’est pas que la polémique n’a pas lieu d’être, c’est le geste qui n’avait pas lieu d’être. Il s’est excusé. Je suis heureux. Il a prouvé qu’il avait une cervelle. Il avait vite compris.  Il faudrait que les joueurs sachent qu’il n’ y a pas de raison pour qu’un joueur s’en prenne à un spectateur. Surtout un spectateur inoffensif qui vient là pour colorer ce que vous faites sur le terrain. Donc, le geste du joueur algérien était totalement déplacé et tout revient dans l’ordre. À partir du moment où il s’excuse, c’est qu’il en prend conscience. 

On va revenir côté terrain. On va évoquer une sélection qui a été éliminée peut être un petit peu trop rapidement dès les phases de poules. Avec l’Angola et son sélectionneur, le français Patrice Baumel, qui a été maintenu à la tête de l’équipe malgré cette élimination un petit peu rapide. Joseph-Antoine Bell, est-ce que c’est une bonne chose, en tout cas pour l’Angola, de ne pas tout jeter et d’essayer d’avoir une vision un petit peu plus moyen-long terme? 

D’abord, c’est comme ça qu’on doit vivre. On doit gérer les situations et ne pas prendre des clichés. Une équipe éliminée vire son entraîneur. Non! Pourquoi ? Il faut d’abord nous dire, vous le virez pourquoi? On vient, là par exemple à la CAN, avec 24 équipes. Il n’ y en a qu’une qui va remporter le titre. Est-ce que les 23 autres vont virer leurs entraîneurs? Non. Donc il faudrait savoir, quel est votre objectif, qu’est-ce que vous voulez ? Quand on a une équipe et qu’on en est le patron parce qu’on est président de la Fédération, parce qu’on est une fédération, on regarde. Est-ce que notre équipe a progressé ? Est-ce que notre équipe joue bien ? Le résultat sera ce qu’il sera, mais il faut d’abord regarder tout ce qui se passe avant. Comment notre entraîneur vit avec nos joueurs, est-ce qu’il leur rapporte quelque chose. 

Merci beaucoup. Joseph Antoine Bell, les quarts de finale, ça commence dès ce vendredi avec au programme Mali, Sénégal et Cameroun Maroc. 

 

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Source du contenu: www.rfi.fr

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