Boxe : Tony Yoka, fragilisé par trois défaites consécutives, retrouve le goût de la victoire

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Lui-même évoque un « très, très long tunnel » dont il a peut-être enfin vu le bout. Après trois défaites d’affilée qui ont fragilisé sa confiance, le boxeur français Tony Yoka a entamé sa route vers la reconstruction en s’imposant aux points dans un combat significatif, samedi 17 mai en soirée, face au Russe Arslan Yallyev, à l’Adidas Arena de Paris.

Courageux sans être ultradominateur, le champion olympique 2016 s’est imposé à la décision unanime (96-94, 98-92, 97-93), et compte désormais quatorze victoires pour trois défaites chez les professionnels.

« J’avais envie de faire mieux, vous aviez envie que je fasse mieux, je m’excuse pour ça », a-t-il déclaré au public parisien, qu’il retrouvait pour la première fois depuis décembre 2023. Mais le boxeur de 33 ans s’est tout de même dit « très content ».

Deux combats victorieux à l’abri de la pression médiatique

Le héros des Jeux olympiques de Rio avait quitté les projecteurs dans la foulée de sa défaite contre le Belge Ryad Merhy, son troisième revers de rang après avoir déjà chuté contre Martin Bakole en mai 2022 et Carlos Takam en mars 2023. Ces trois défaites retentissantes avaient largement abîmé l’engouement qui l’entourait depuis son titre olympique. Considéré comme le fer de lance de la boxe en France, il tombait alors pour de bon de son piédestal.

« Après l’enchaînement des défaites, ça a été compliqué, a-t-il avoué. On a du mal à poser les mots sur ça, il a fallu se relever. »

Décidé à aller de l’avant, il s’est ensuite fait discret, disputant deux combats en Angleterre contre de faibles faire-valoir, qui ont eu le mérite de lui faire goûter à nouveau à la victoire et reprendre confiance. Le tout à l’abri de la pression médiatique née du lancement en fanfare, en 2017, de la « Conquête », l’odyssée portée par Canal+ qui devait le conduire vers les sommets en quinze combats.

Plus serein que lors de ses précédentes sorties, Yoka s’était dit « libéré » avant de remettre les gants. « Je me suis dit : “Il faut se détendre, il faut profiter de tout ça parce que, au final, c’est que du bonheur.” Je n’avais rien à perdre, le pire m’était déjà arrivé », a-t-il déclaré.

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Monté sur le ring peu avant 23 heures au son de la voix de Werenoi, la star du rap brutalement décédée samedi à seulement 31 ans, Yoka a pu compter sur le soutien du public, même si l’Adidas Arena était loin d’avoir fait le plein.

« Encore de belles années devant moi »

Sous les cris de « Tony, Tony », il est entré avec détermination dans les échanges, faisant parler son rythme et son physique plus massif. Ce n’était pas chose facile contre Yallyev, 38e mondial, invaincu en seize combats et réputé pour sa force de frappe. Le Daghestanais est d’ailleurs revenu dans le combat, faisant même tituber le Français dans le cinquième round. Yoka a ensuite encaissé mais a fini par faire la différence avec son bras avant.

« Je voulais un combat face à un adversaire fort, je ne voulais pas quelqu’un qui allait tomber au premier round, le public n’aurait pas aimé », a-t-il souligné.

La suite pour Yoka, dont le lucratif partenariat avec Canal+ a pris fin avec ce combat, n’est pas encore écrite. Installé à Londres après plusieurs années aux Etats-Unis, il s’entraîne désormais sous les ordres du Nigerian Don Charles, spécialiste des lourds et mentor notamment du Britannique Daniel Dubois. Il s’est également engagé en 2024 avec le célèbre promoteur Frank Warren.

Pour sa prochaine sortie, il espère combattre en sous-carte de la grande soirée de boxe prévue à Wembley le 19 juillet, avec le combat d’unification des lourds entre Oleksandr Usyk et Dubois. « Il me reste encore de belles années devant moi, avec de beaux combats à venir », a-t-il déclaré.

Le Monde avec AFP

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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