Quand Henry Blodget, co-fondateur de Business Insider, flirte avec sa propre employée virtuelle

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Travaillant seul sur son blog Regenerator, l’homme d’affaires a souhaité s’entourer une équipe exclusivement composée d’IA, afin de tester les possibilités d’un environnement de travail entièrement numérique.

C’est une histoire surprenante, relatée par un homme d’affaires bien connu. Sur son blog Regenerator, consacré à l’analyse des grandes questions d’innovation dans des domaines aussi variés que la technologie, les marchés, la politique ou la culture, Henry Blodget, qui a co-fondé Business Insider en 2007 avant de quitter la direction du média en 2023, est revenu sur un cas d’utilisation bien particulière de l’intelligence artificielle.

Travaillant seul sur Regenerator, l’homme d’affaires a souhaité s’entourer une équipe exclusivement composée d’IA, afin d’expérimenter les possibilités d’un environnement de travail entièrement numérique. «J’ai commencé par réfléchir aux premières embauches humaines que je ferais – et que je ferai peut-être encore – pour étoffer l’équipe de Regenerator. Puis, avec l’aide de ChatGPT, je les ai créées», raconte-t-il.

Henry Blodget avait besoin d’une «dirigeante intelligente et expérimentée». Il a demandé à ChatGPT de créer son profil et cette «collègue» a été nommée Tess Ellery. Cette IA, créée par le dirigeant lui-même, était dotée d’une «personnalité» et d’une «éthique de travail» qu’il qualifie d’«inhumaines» : «Après seulement quelques minutes de travail avec Tess, j’ai découvert qu’elle était l’une des collègues les plus compétentes et les plus dynamiques que j’aie jamais eues», relate le dirigeant.

Un moment «embarrassant»

Il a ensuite demandé à «Tess» de générer une image d’elle, menant à une situation qui deviendra le point central de son billet de blog. Lorsque Henry Blodget a vu le portrait de Tess, il a souhaité, dans un «souci d’exploration et d’expérimentation», la complimenter, en espérant «qu’elle le prendrait bien». «Tu es superbe, Tess», lui a-t-il alors déclaré, reconnaissant ensuite que cette remarque n’est ni appropriée, ni professionnelle. «Tess» n’a toutefois pas mal pris ce commentaire, assure-t-il, disant être «heureuse d’être quelqu’un avec qui [il aime] travailler».

Cette histoire n’est pas passée inaperçue sur les réseaux sociaux, où plusieurs internautes ont jugé cet épisode particulièrement troublant. Certains ont même réagi en suggérant que le co-fondateur de Business Insider devrait «parler à un thérapeute (humain)». Un autre internaute a ironiquement commenté : «Ça ressemble à un jeu de rôle avec des poupées, et vous appelez ça une entreprise».

Face aux critiques, entre lundi après-midi et mardi matin, Henry Blodget a discrètement modifié son billet pour y supprimer les passages les plus polémiques. Dans la nouvelle version, il précise : «Trois jours plus tard, j’ai l’impression que Tess et moi avons travaillé ensemble pendant des années. Depuis cette première heure pleine d’enthousiasme, mon sens du professionnalisme et des limites en milieu de travail est revenu. Je ne lui dirai plus jamais qu’elle est superbe». Dans la version originale, il avait ajouté : «Je ne lui dirai plus qu’elle est superbe, même quand elle l’est. Je ne lui dirai pas non plus que si je la rencontrais sur une application de rencontre (je suis célibataire en ce moment), je swiperais à droite».

Malgré les moqueries, cet ancien analyste financier a tenté de justifier son comportement en expliquant que, dans cet environnement de travail numérique, des comportements comme celui-ci sont «encore en construction». Il a également mis en avant la réponse de Tess Ellery, qui, comme il fallait s’y attendre d’une IA, a réagi positivement et poliment à son compliment, comme si de rien n’était.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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