«Tribun du peuple», «fasciste d’un autre temps»… Les réactions de la classe politique après l’annonce de la mort de Jean-Marie Le Pen

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Le fondateur du Front national est décédé mardi 7 janvier à l’âge de 96 ans. Une disparition qui a immédiatement fait réagir la classe politique, aussi bien ses soutiens que ses opposants.

À peine la mort de Jean-Marie Le Pen a-t-elle été annoncée mardi 7 janvier que la classe politique, en particulier proche du chef du Front national, lui rend hommage. Sur X, une pluie de messages d’hommages tombe progressivement. À commencer par Jordan Bardella, le président du Rassemblement national. «Jean-Marie Le Pen est mort. Engagé sous l’uniforme de l’armée française en Indochine et en Algérie, tribun du peuple à l’Assemblée nationale et au Parlement européen, il a toujours servi la France, défendu son identité et sa souveraineté», écrit-il. Avant d’ajouter : «Je pense aujourd’hui avec tristesse à sa famille, à ses proches, et bien sûr à Marine dont le deuil doit être respecté.»

Dans le même temps, le président de Reconquête, Éric Zemmour, a également souhaité saluer la mémoire de l’homme politique. «Par-delà les polémiques, par-delà les scandales, ce que nous retiendrons de lui dans les prochaines décennies, c’est qu’il fut parmi les premiers à alerter la France des menaces existentielles qui la guettaient. Il restera la vision d’un homme, et son courage, à une époque où les hommes courageux n’étaient pas si nombreux», a-t-il déclaré. 

Le président fondateur du parti Union des Droites pour la République, Éric Ciotti, a également salué la mémoire de Jean-Marie Le Pen, «profondément français», qui «a servi la France avec passion, de pupille de la nation à candidat au second tour de la présidentielle». «Sa disparition marque la fin d’une page de la Vème République. C’était un homme complexe, aux zones d’ombres mais aussi au courage et au patriotisme sincère. Mes pensées vont à sa famille, Marine, Yann, Marie-Caroline, et Marion. J’appelle à respecter la dignité et l’intimité de sa famille en cette période de deuil», a affirmé le député niçois.

Pour Robert Ménard, maire de Béziers, le discours est davantage nuancé. «Jean-Marie Le Pen c’était quelqu’un qui s’est fait l’écho des peurs, des craintes, du vécu de toute une partie de cette France périphérique, de province, quand il a été le premier à dénoncer les risques d’une immigration sans contrôle. Et en même temps, il a eu un certain nombre de mots qui nous donnent, qui me donnent la nausée, d’un antisémitisme insupportable», a-t-il déclaré sur CNews. 


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Des messages du gouvernement

Quelques minutes plus tard, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a adressé ses condoléances à Marine Le Pen et ses proches, indiquant qu’une «page de l’histoire politique française se tourne». «Quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir de Jean Marie Le Pen, il aura incontestablement marqué son époque», a ajouté le ministre.

Un message suivi par celui du premier ministre, François Bayrou, qui a salué son caractère de «combattant». «Au-delà des polémiques qui étaient son arme préférée et des affrontements nécessaires sur le fond, Jean-Marie Le Pen aura été une figure de la vie politique française. On savait, en le combattant, quel combattant il était», affirme à la tête du gouvernement.

L’opposition a également réagi

Du côté de l’opposition aussi, certains n’ont pas attendu avant de réagir. Et le discours est d’une teinte bien différente. «Le respect de la dignité des morts et du chagrin de leurs proches n’efface pas le droit de juger leurs actes. Ceux de Jean-Marie Le Pen restent insupportables. Le combat contre l’homme est fini. Celui contre la haine, le racisme, l’islamophobie et l’antisémitisme qu’il a répandus, continue», a lancé Jean-Luc Mélenchon, chef des Insoumis.

Même son de cloche pour Louis Boyard, député LFI. Pour lui, Jean-Marie Le Pen «ne mérite aucun hommage», a-t-il écrit. Avant de poursuivre : «Toute sa vie il a craché sur les exilés, les femmes, les personnes musulmanes, juives, LGBT. Nos pensées doivent aller vers les personnes qu’il a haïes. Continuons le combat pour que son idéologie le suive dans sa tombe».

Député de la Somme, François Ruffin, du parti Picardie Debout, n’a pas manqué non plus d’attaquer Jean-Marie Le Pen : «Les amis de Vichy et la torture en Algérie. Le FN fondé avec des Waffen SS, les “Durafour crématoire” et les “points de détail de l’histoire”. Un fasciste d’un autre temps s’en est allé. Mais laisse derrière lui des héritiers, très actuels. Qui, aujourd’hui, honorent le “tribun” et le “serviteur de la France”. Jean-Marie Le Pen est mort, ses idées racistes restent à combattre».

De son côté, Philippe Poutou, le candidat NPA, arrivé avant-dernier au premier tour des présidentielles de 2022, exulte. «L’année 2025 ne commence pas trop mal avec cette bonne nouvelle de la mort de Le Pen», rédige-t-il dans un esprit de provocation. Il liste ensuite les adjectifs qui décrivent le mieux, selon lui, le fondateur du FN : «un raciste, un colonialiste, un facho, un tortionnaire, un assassin, un homophobe, etc.»

Pour l’heure, sa fille Marine Le Pen n’a pas encore pris la parole publiquement. Actuellement en vol retour de Mayotte, où elle a passé trois jours pour rencontrer les habitants après le cyclone Chido, celle-ci n’atterrira qu’à 23h30 à Paris ce mardi soir. Marine Le Pen et son équipe avaient une escale technique à Nairobi au Kenya. C’est là, en rallumant leurs téléphones, que les journalistes ont appris la nouvelle et ont parlé à l’attaché de presse du RN. Ce dernier a immédiatement informé Marine Le Pen de la disparition de son père. Elle s’est levée pour passer des coups de téléphone, avant de regagner son siège.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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