Reportage France – France: les jeunes agriculteurs confrontés à un métier en crise

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En France, c’est un bilan morose pour la 62ᵉ édition du salon international de l’agriculture, qui a connu une baisse de 28 % de fréquentation par rapport à l’année dernière. Un métier en crise, où seulement 13 000 agriculteurs s’installent chaque année. Un chiffre en chute libre et qui n’a pas évolué depuis 2020. Malgré tout, ce métier passionne encore. Alors, qui sont les nouveaux agriculteurs qui embrassent cette profession ? 

Elles sont debout sur le ring et tentent de ceinturer des moutons. Emi et Léana ont 19 ans. Elles participent avec fierté au Concours Général Agricole organisé par le Salon de l’agriculture, une institution qui accompagne les agriculteurs tout au long de leur parcours. « Le concours est vraiment axé sur le mouton vendéen. On a préparé trois agnelles. On les a choisies avec l’aide du berger de l’exploitation qu’on a au lycée », nous raconte l’une d’elles.

Murielle, 20 ans, frimousse de fonceuse, poursuit ses études au lycée agricole. Elle a déjà en tête l’exploitation de ses rêves. Elle nous raconte ce qu’elle envisage : « Je veux travailler avec des brebis laitières, plutôt dans les montagnes, et avant cela, être bergère. Je ne veux pas m’installer tout de suite. Je veux des expériences dans l’élevage et pourquoi pas m’installer en collectif plus tard ». Un parcours assez classique, car s’installer prend quelques années.

Simon Martin est secrétaire général adjoint du syndicat des Jeunes agriculteurs. « Aujourd’hui, on est rendu à 33 ans pour l’âge de l’installation. On voit que c’est l’engagement d’une vie de s’installer. On voit très bien qu’il faut un peu plus de temps pour le maturer et pouvoir se lancer dans un gros projet. », explique le jeune homme. 

Marie Le Potier est conseillère en élevage laitier. Son mari, Fabien le Brun, est salarié dans la ferme de ses parents. Ensemble, ils vont franchir le pas et s’installer. « Nos parents, d’un côté comme de l’autre, sont installés sur une exploitation en production laitière et c’est notre objectif de poursuivre avec les élevages de la famille », raconte-t-elle. 

Malgré les crises sanitaires à répétition et les manifestations d’agriculteurs pour améliorer la profession, le couple se lance. « C’est sûr qu’il y a des situations qui posent question pour la suite. Mais, aujourd’hui, on croit en ce métier. On voit qu’il y a des filières de qualité qui se développent de plus en plus. Sur les exploitations familiales, nous sommes engagés dans des filières de qualité qui permettent de se diversifier et de mieux valoriser les produits. C’est ça, qu’on souhaite poursuivre. Et oui, il y a de l’avenir là-dedans », confie Marie, confiante. 

« C’est maintenant ou jamais »

Florent Pajor, 34 ans, dirige sa ferme depuis un an. Ce fils de fermier ne voulait pas reprendre l’exploitation de son père.  Trop compliqué et source de conflit selon lui. Il nous explique pourquoi il a choisi l’autonomie : « Je n’ai pas souhaité m’installer avec lui. Il est en âge d’être à la retraite. Je ne me voyais pas reprendre une quantité d’hectares. Moi je voulais vraiment ma structure individuelle. Il faut être fou, mais passionné avant tout. » 

« Ça fait peur, mais j’ai eu le cran et l’opportunité de me dire : c’est maintenant ou jamais. Quand on a des terrains qui se présentent à nous, qui sont à vendre, on se dit : “c’est soit je saisis l’opportunité, soit je reste salarié”. Ça prendra du temps pour pouvoir en vivre et être épanoui totalement. Je ne regrette pas. C’est un chemin qui va être long et passionnant », poursuit-il. 

Actuellement, un fermier sur trois qui part à la retraite n’est pas remplacé, un problème pour l’avenir du secteur agricole.

Source du contenu: www.rfi.fr

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