Plus que trois semaines avant les épreuves du brevet des collèges et le stress monte pour les adolescents, d’autant plus que le ministère de l’Éducation nationale a annoncé que les correcteurs seraient particulièrement attentifs à l’orthographe et à la syntaxe cette année. Vendredi 5 juin, certains collégiens du nord de Paris ont eu droit à une répétition générale. Rachid Santaki, journaliste et romancier surnommé Monsieur Dictée, a organisé une dictée géante dans le Stade de France. Premier objectif, les révisions. Mais pas que.
La petite centaine d’élèves conviés à cette grande dictée au Stade de France entre tranquillement dans la salle. Tout le monde prend un stylo et une feuille. Les cinq classes de collégiens s’installent face à Rachid Santaki, le créateur de l’épreuve. « L’idée n’est pas de vous confronter frontalement à l’orthographe, c’est que ce moment soit une séquence où vous allez travailler la concentration, déclencher un automatisme pour continuer le travail de préparation dans le cadre de votre brevet, explique Monsieur Dictée. Est-ce clair pour vous ? »
Et pour appuyer sur l’importance de l’écriture, il a choisi un texte tiré de l’Illettré de Cécile Ladjali, dans lequel un jeune homme découvre la beauté des mots.
Dans la salle, les professeurs et les accompagnants se sont joints aux élèves pour l’exercice et ils ont raison de s’entraîner : selon l’Ifop, un Français sur deux n’atteint pas les 12/20 en dictée. Mais l’exercice semble avoir porté ses fruits chez les collégiens d’une école de Villepinte. « J’ai fait zéro faute à la dictée, je ne m’y attendais pas, se réjouit une collégienne. D’habitude je n’y arrive pas, je déteste, mais j’aime beaucoup écrire et j’espère faire pareil au vrai brevet. » « Moi, ça va, à part les accents circonflexes, mais sinon, pas de fautes », ajoute un de ses camarades. « Moi, ça va niveau orthographe, je me débrouille pas mal, là, j’étais à l’aise, conclut un autre, j’étais bien à l’aise, donc c’était plutôt okay. »
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Un niveau d’orthographe en constante baisse
En 40 ans, le niveau d’orthographe des Français a largement baissé, chez les jeunes, mais pas que. Les Français font en moyenne deux fois plus de fautes sur un même texte qu’en 1987. Rien que sur la dernière décennie, Rachid Santaki, qui fait des dictées depuis 13 ans, voit cette baisse. « L’évolution technologique nous amène à moins écrire : on n’écrit plus de cartes postales, plus de lettres ; et même chez les retraités, on utilise des vocaux, souligne le journaliste, on communique avec les petits-enfants comme les jeunes. »
Le romancier souhaite plus que tout développer le goût de l’écriture. Que la gymnastique de l’orthographe, comme il l’appelle, ne soit pas un frein à l’expression. « Pour moi, l’orthographe, c’est la maîtrise des mots initialement, défend-il. Quand on a ce socle-là, on n’a pas besoin de crier, on n’a pas besoin d’hurler, on n’est pas frustré, on exprime, on évacue, on met des mots sur les émotions, on peut les écrire, on peut les verbaliser, et cet enjeu, il est central, il est vital. »
Prochaine étape pour les élèves de troisième : le diplôme national du brevet les 26, 29 et 30 juin.
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