Ils sont désormais deux en compétition pour porter les couleurs du bloc central en 2027 : Édouard Philippe et Gabriel Attal. Deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron qui ont la même ambition : lui succéder à l’Élysée. Mais à la fin, il faudra qu’il n’en reste qu’un.
Édouard Philippe et Gabriel Attal le savent, ils ne pourront pas être deux sur la ligne de départ pour le premier tour de la présidentielle. D’ici le début de l’année prochaine, il faudra donc qu’ils se départagent, à coup de sondages vraisemblablement. Dans l’entourage du maire du Havre, on estime qu’à un moment « la pièce ne restera pas sur la tranche », traduire qu’une dynamique se dégagera, que des ralliements auront lieu et que l’un prendra indiscutablement l’avantage, sous-entendu pour eux Edouard Philippe.
Dans l’entourage de Gabriel Attal, on affirme ne pas se tromper d’enjeu : « Le combat c’est avec le RN, pas avec les candidats du même espace politique » et s’il y a un « risque avéré » de second tour RN-LFI, on s’engage à être responsable. En espérant que ce n’est pas Gabriel Attal qui devra se retirer de la course. Des deux côtés, on prend donc soin de rester fair-play. « Ils ne se haïssent pas », affirme un proche d’Edouard Philippe. « Ils sont tous les deux bien élevés », confirme l’entourage de Gabriel Attal.
Est-ce la promesse d’une campagne où tous les coups ne seront pas permis ?
Aucun des deux n’a intérêt à sortir le bazooka car à la fin, pour rassembler et avoir une chance de gagner, il ne faut pas franchir certaines lignes rouges. De là à dire que l’affrontement se fera à fleuret moucheté, certainement pas. Propositions, style, la bataille Philippe-Attal aura bien lieu, elle a déjà commencé. Quand autour de Gabriel Attal on tente la comparaison avec le duel Chirac-Balladur en 1995, Attal dans le rôle du challenger Chirac, Édouard Philippe dans celui de Balladur gagnant au début-perdant à la fin, on rétorque fermement autour du maire du Havre en disant les « Chiraquiens », c’est nous et on promet de « cogner » si nécessaire, par exemple sur l’absence de bilan de Gabriel Attal à Matignon.
Et d’ici l’été, la bataille va aussi se jouer dans les meetings, le 30 mai avec Gabriel Attal, le 5 juillet avec Édouard Philippe : concours de muscles et démonstrations de force.
Emmanuel Macron peut-il les départager ?
C’est toute la question sur l’influence potentielle d’Emmanuel Macron. Aucun des candidats ne croit que le président restera silencieux. Et à entendre les proches du chef de l’État, c’est Édouard Philippe qui a plutôt ses faveurs. Reste à savoir si être le « préféré » d’Emmanuel Macron sera un avantage ou un inconvénient pour creuser l’écart.
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