Politique, le choix de la semaine – Au Moyen-Orient, Emmanuel Macron sur la ligne de crête

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Trois semaines après le début de la guerre engagée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, les opérations militaires ne baissent pas en intensité. La France a déployé des forces navales pour défendre ses intérêts dans la région. Dans ce conflit, Emmanuel Macron prône la désescalade et ne veut pas se laisser entraîner dans une intervention militaire. Maîtres-mots : prudence et vigilance.

Emmanuel Macron suit l’évolution du conflit au Moyen-Orient avec une très grande attention. Parmi les pays européens, la France est celui qui est traditionnellement et historiquement le plus impliqué dans la région. C’est ce qui a poussé Emmanuel Macron à donner l’ordre de déployer le porte-avions Charles-de-Gaulle et d’autres navires en Méditerranée orientale très rapidement après le déclenchement des frappes américaines et israéliennes sur l’Iran.

Emmanuel Macron s’est d’ailleurs rendu lui-même à Chypre puis à bord du Charles-de-Gaulle pour afficher sa volonté d’être en capacité de protéger les ressortissants et les intérêts français, notamment les bases militaires, mais aussi d’honorer les accords de défense que Paris a signés avec les États dans la région, Qatar, Koweït, Émirats arabes unis, eux-mêmes cibles de missiles et de drones iraniens.

Dans l’entourage du chef de l’État, on explique la démarche : « On met des moyens inédits, on veut faire face aux imprévus. On se met en situation d’anticiper, de manœuvrer pour ne pas subir une situation. » Mais pas question pour autant de laisser la moindre ambiguïté sur les intentions de la France. Emmanuel Macron a été très clair : la France adopte une « posture défensive ». Autrement dit : elle ne veut pas entrer dans la guerre.

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Emmanuel Macron a réagi au décès du major Arnaud Frion après une attaque de drones iraniens, en réaffirmant sa position et en affichant « calme et sang-froid ». Ce que redoute Paris, c’est d’être entraîné dans un engrenage militaire et d’entrer dans un conflit que la France n’a pas voulu. Emmanuel Macron prend soin de garder une distance dans le discours et dans les actes, notamment par rapport à la position américaine. Le chef de l’État est particulièrement soucieux des risques d’embrasement et de l’impact du conflit sur l’économie française en raison du blocage du détroit d’Ormuz par lequel passent 20 % des hydrocarbures mondiaux.

Selon une source diplomatique, la France envisage une « opération au long cours qui va dérégler le commerce durablement » car « on ne met pas à terre un régime comme le régime iranien avec des bombardements ». La pire des configurations serait une situation de laquelle l’Iran sortirait affaibli mais avec une revanche à prendre. Sous-entendu, il ne faut pas sous-estimer les ressources de la fierté nationale des Iraniens. Un diagnostic qui ne peut qu’inciter Emmanuel Macron à la prudence et à peser pour le retour de la diplomatie.

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Source du contenu: www.rfi.fr

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