RÉCIT – Réduits à la gestion des « affaires courantes », trois mois seulement après leur nomination, les ministres démissionnaires n’ont pas eu le temps d’aller au bout de leurs chantiers.
Dans l’immense paquebot de Bercy, un conseiller ministériel se languit de ces journées d’hiver sans fin. « Je suis là, dans ce gros tank de béton, et je ne peux rien faire pour le chef d’entreprise qui est vraiment en galère. On a le sentiment de ne servir à rien », soupire-t-il, longeant une enfilade de bureaux. Comme beaucoup d’autres, l’agenda de son ministre s’est vidé du jour au lendemain sous l’effet de la censure du gouvernement. Depuis deux semaines, les membres de l’équipe Barnier s’occupent simplement d’expédier les « affaires courantes » dans l’attente de leurs successeurs – ou, pour certains, de leur reconduction.
À la tête d’un prestigieux portefeuille, l’un d’entre eux résume cette drôle de période : « Beaucoup de choses s’arrêtent, tout est au ralenti. Vous ne pouvez pas prendre d’initiatives. » Autrement dit, son rôle se limite désormais à assurer le bon fonctionnement de l’État, sans prendre de décisions politiques. Certes, ses collègues…
Source du contenu: www.lefigaro.fr
