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Premier président à visiter la deuxième obédience maçonnique de l’Hexagone, le chef de l’État a défendu ce lundi la loi sur la laïcité «qui protège et reconnaît la liberté de conscience» comme celle «de croire ou de ne pas croire».
C’est avec un peu d’avance qu’Emmanuel Macron a célébré ce lundi le 120e anniversaire de la loi sur la séparation des Églises et de l’État. À quelques mois de la date symbolique, le 9 décembre prochain, le chef de l’État s’est rendu à la Grande Loge de France, où il s’est entretenu avec son grand maître, Thierry Zaveroni. Une première pour la deuxième obédience maçonnique de l’Hexagone, qui n’avait jamais reçu la visite d’un président de la République.
Depuis le temple Pierre Brossolette à Paris, Emmanuel Macron a profité de l’occasion pour prononcer un discours sur la «laïcité», afin de «rappeler des vérités simples que trop longtemps le débat public efface». «La loi de 1905 n’est pas un édit de tolérance, c’est une loi de liberté qui reconnaît et protège la liberté de conscience, de culte (…) mais aussi de croire et de ne pas croire», a-t-il déclaré. Un texte de «droits fondamentaux» qui parachève et complète la déclaration des droits de l’Homme, a-t-il insisté. «C’est un espace où chacun connaît l’autre comme son frère en République.»
Le chef de l’État a mis en garde contre ceux qui veulent «la trahir ou la détourner». «Prenons garde au piège que préparent ceux qui voudraient en faire une lecture identitaire sous prétexte de laïciser la société dans le seul but de s’attaquer à des religions ou croyances, en particulier au nom de leur prétendue incompatibilité avec les valeurs de la République», a-t-il épinglé. De la même manière que ceux qui «entendent en faire un instrument de repentance contre la République».
«Des ambassadeurs de la fraternité»
À l’aube de cet anniversaire, Emmanuel Macron a demandé aux frères de la Grande Loge, comme il l’a déjà fait aux responsables des cultes, d’être des «ambassadeurs de la fraternité». «C’est ainsi que nous démontrerons collectivement que la loi de 1905 n’est pas une loi d’exclusion, mais de réunion», a-t-il expliqué. «Je vous demande d’aller partout répéter sans cesse et sans vous lasser que le seul mot qui s’accorde avec laïcité est le mot de liberté.» D’autant plus par les «temps que nous vivons», a-t-il justifié, où les réseaux sociaux et ses algorithmes «pensent à notre place» et «détournent nos esprits».
En plein débat parlementaire sur la fin de vie, Emmanuel Macron a par ailleurs dénoncé ceux qui accusent la franc-maçonnerie de «vouloir peser» sur les discussions. «La franc-maçonnerie a toujours été la cible des complotistes et des obscurantistes qui lui attribuent une influence la mettant ainsi à l’honneur», a-t-il balayé. «Que les francs-maçons s’emparent de ce débat fondamental est une bonne chose.»
À ses yeux, le débat sur cette promesse de campagne sans cesse repoussée ne peut être réduit à la «question de savoir si on est pour ou contre la vie». «J’ai peur que parfois dans nos débats, les choses se précipitent et oublient l’épaisseur et la grande difficulté, parfois aussi, de simplement penser le moindre mal», a averti le chef de l’État.
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