Immigration : Bruno Retailleau veut «redonner la parole aux Français» via un référendum

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«Tel qu’il est appliqué, le droit met en échec la volonté de l’État», a-t-il déclaré dans un entretien accordé au JDD.

Alors que François Bayrou vient de lui apporter son soutien dans Le Parisien en considérant qu’il avait «raison» de voir un «problème» dans l’annulation par la justice de l’OQTF de l’influenceur algérien Doualemn, Bruno Retailleau s’est longuement exprimé dans le JDD ce samedi. De l’immigration à la fin de vie en passant par la démographie, l’entretien aborde à peu près tous les thèmes possibles.

Concernant l’influenceur, qui avait proféré début janvier, un «appel à la torture» visant «un opposant au régime actuel en Algérie», le ministre de l’Intérieur affirme que cette affaire démontre que «le droit, tel qu’il est appliqué (…) met en échec la volonté de l’État de protéger le Français et de faire respecter l’ordre républicain.» L’immigration étant «le phénomène qui a le plus bouleversé la société française depuis un demi-siècle, sans que les Français aient jamais été consultés», Retailleau estime nécessaire de lancer un référendum. Seul son résultat permettra, déclare-t-il, de s’imposer «face à certaines jurisprudences» sur le sujet.

Contrairement à d’autres, je ne rêvais pas d’être président de la République quand j’avais cinq ans

Interrogé sur la pertinence d’une telle proposition dans un contexte où aucune majorité parlementaire n’existe à l’Assemblée, le ministre a admis devoir attendre la présidentielle de 2027 pour pousser ce sujet plus en avant. Pourrait-il être candidat ? Il a esquivé : «Contrairement à d’autres, je ne rêvais pas d’être président de la République quand j’avais cinq ans», préférant répondre qu’il ne pensait pas au coup d’après et verrait en temps et en heure comment et où se rendre utile. «Mais, a-t-il précisé, ne perdons pas de temps. Gagnons d’abord la bataille de l’opinion.»

Afin d’asseoir, tout de même, sa position à la tête de cette lutte, le ministre a brandi des chiffres à son crédit. Si 336.700 premiers titres de séjours ont été délivrés en 2024, en hausse de 1,8 % par rapport à 2023, un record donc, Bruno Retailleau a assuré que depuis son arrivée place Beauvau fin septembre, les services de l’État ont délivré «deux fois moins de titres de séjour en primo-délivrance chaque mois que ce qui avait été délivré en moyenne sur les neuf premiers mois de l’année». Quant aux éloignements du territoire, «ils ont augmenté de 26,7 %» en 2024 avec une «accélération nette» depuis sa nomination. Preuve selon lui que «la volonté politique» peut ouvrir un passage, même étroit.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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