CONTRE-POINT – Le mea culpa d’Emmanuel Macron sur la dissolution n’ouvre en soi aucune piste pour reconstruire un cadre politique détruit par ce raté pourtant des plus prévisibles, mais il était un préalable nécessaire pour que toute parole ou toute décision présidentielle soit au minimum entendue.
Tardifs mais nécessaires. « Lucidité », « humilité » : Emmanuel Macron a enfin utilisé les mots lui permettant de regarder en face les effets de la dissolution qu’il a décidée le 9 juin. Que celle-ci ait apporté « davantage de divisions à l’Assemblée que de solutions pour les Français », le chef de l’État était le dernier à ne pas s’en être rendu compte. Ou plutôt à ne pas oser se l’avouer. C’est un travers fréquent chez les politiques en général et chez Macron en particulier : croire que reconnaître une erreur est un aveu de faiblesse. Alors que c’est le déni qui affaiblit.
Le mea culpa des vœux est une surprise. Le président avait cru évacuer la question lors de sa précédente allocution télévisée, en concédant n’avoir pas été « compris ». Comme si le problème était du côté des Français et pas du sien. L’hôte de l’Élysée a fini par comprendre que battre sa coulpe sur la poitrine d’autrui ne ferait qu’accroître l’incompréhension…
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