CONTRE-POINT – En nommant le premier baron de son camp, Emmanuel Macron fait le choix d’un vétéran de la politique qui tiendra à appliquer l’intégralité des règles constitutionnelles, faisant de lui celui qui «détermine et conduit la politique de la nation».
Sa biographie d’Henri IV, sa figure de référence, s’appelait Le Roi libre. Roi, François Bayrou ne l’est pas et ça reste l’onction suprême, celle qui le ferait entrer à l’Élysée, qui le comblerait. Libre, il ne l’est pas non plus vraiment dans un pays fatigué et endetté, avec une Assemblée toujours sans majorité et sans garantie de réussir mieux que Michel Barnier. Le voilà premier ministre, mais pas encore Sully, qui sut rétablir les finances du Royaume et réformer la France.
Mais libre, c’est un des principaux traits de caractère du sixième chef de gouvernement d’Emmanuel Macron. Et les circonstances de sa nomination prouvent que le numéro deux de l’exécutif ne se concevra pas en simple exécutant. C’est le paradoxe de leur relation. François Bayrou ne fut pas le premier des macronistes, mais il fut le premier et le plus puissant de ses alliés. Il en résulte une complicité réelle entre les deux hommes. Mais le Béarnais ne s’est jamais privé de dire son fait au président, en privé, et parfois publiquement lorsqu’il s’estimait insuffisamment considéré.
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