ENTRETIEN – Pour le constitutionnaliste, l’initiative de François Bayrou visant à faire émerger un accord avec les partenaires sociaux sur la réforme des retraites est un pari «osé» qui consiste à jouer la montre.
LE FIGARO. – Le « conclave » de trois mois sur les retraites voulu par le premier ministre « sans aucun totem ni tabou » pour faire émerger une correction concertée de la réforme est-il pertinent d’un point de vue constitutionnel ?
Dominique CHAGNOLLAUD. – Le «conclave», c’est un peu du cinéma. Je ne vois pas bien ce qu’il y a de constitutionnel là-dedans si ce n’est le vote d’une loi à l’issue. Ce mot emprunte au religieux et désigne comme chacun sait une pièce fermée qui sert à élire le nouveau Pape, par les cardinaux enfermés dans la chapelle Sixtine et dont les clefs sont détenues par le cardinal qui gouverne le Siège apostolique (le camerlingue). Ici, il s’agirait de réunir l’ensemble des partenaires sociaux en un même lieu afin de trouver une solution consensuelle qui serait validée par le Parlement. Ils discuteraient, hors de la présence du gouvernement, un « garant » et non un camerlingue animant la discussion. En réalité, c’est un Grenelle des retraites…
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