Chronique des médias – L'affaire Morandini secoue la bollosphère

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La chaîne d’information CNews, en France, semble de plus en plus divisée après la condamnation par la justice d’un de ses principaux animateurs, Jean-Marc Morandini.

L’animateur historique des chaînes de Bolloré, Jean-Marc Morandini, a été condamné définitivement pour corruption de mineur en cour d’appel mi-janvier à deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende. L’homme est reconnu coupable d’avoir envoyé il y a dix ans des messages à caractère sexuel à deux adolescents de 15 ans et, en 2009, d’avoir demandé à un jeune de 16 ans de se dénuder et de se masturber pour un film qui n’a jamais vu le jour. Il a également été condamné en appel, il y a un an, pour harcèlement sexuel à l’encontre d’un jeune comédien. Le groupe Canal+, auquel appartient CNews, avait assuré en 2016 qu’il était convenu que Jean-Marc Morandini quitterait la chaîne en cas de condamnation définitive. Dix ans plus tard, rien n’a changé. Jean-Marc Morandini reste à son poste. « Une autre décision a été prise », a expliqué Gérald-Brice Viret, le patron des antennes. En clair, Vincent Bolloré continue de soutenir celui qui l’avait rejoint au tout début de son aventure dans la TNT, sur la chaîne Direct 8.

Une fronde se soulève dans la sphère Bolloré parmi les vedettes

Cette décision provoque des remous et pas seulement parmi les détracteurs de CNews. C’est l’élément nouveau : Bolloré a beau justifier cette décision en interne par le « pardon chrétien » et le fait que la décision de justice n’interdit pas à l’animateur de travailler, il ne parvient pas à empêcher l’expression d’une fronde à CNews. Sonia Mabrouk, un des piliers de la chaîne, a préféré démissionner vendredi 6 février. Elle avait déclaré en direct que cette décision de maintenir Morandini ne lui appartenait pas, qu’elle n’en dormait plus. Le journaliste vedette Pascal Praud s’était d’ailleurs solidarisé de ses paroles sur X, alors que Laurence Ferrari, autre star de la sphère Bolloré, s’était dite interpellée au nom de son engagement aux côtés des victimes de violences sexuelles, tout en affirmant sa loyauté à la chaîne.

À lire aussiAffaire Morandini: Sonia Mabrouk annonce sa démission de la chaîne CNews

Le Rassemblement national prend position dans l’affaire Morandini

Le Rassemblement national s’est lui-même prononcé sur la question. Son président Jordan Bardella demande au RN de ne plus participer à l’émission de Morandini, qui est invité à démissionner. C’est vrai que ce parti, comme CNews, fustige le laxisme vis-à-vis des crimes et délits sexuels. Philippe de Villiers, qui a sa tranche sur CNews, s’est lui aussi montré solidaire du Journal du dimanche quand il se dit aux côtés des victimes. Ainsi, sur CNews mais aussi au JDD ou à Europe 1, et surtout au sein de l’axe catholique du groupe, on ose remettre en cause mezzo voce (à mi-voix), la décision du milliardaire. Derrière, c’est toute la verticalité, et disons-le le caractère absolu, du pouvoir de « Vincent tout puissant », pour reprendre le titre d’un livre de Nicolas Vescovacci, qui est en question. 

Source du contenu: www.rfi.fr

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