Pour la porte-parole du gouvernement, invitée dimanche du «Grand Jury» RTL-Le Figaro-M6-Public Sénat, la dégradation des finances publiques exigera «des décisions politiques assez fortes» dans le prochain budget.
Le projet de loi de finances 2026 trotte déjà dans toutes les têtes. Deux mois après l’adoption du budget de cette année – retardée en raison de la censure de Michel Barnier en décembre -, le gouvernement prépare déjà les esprits quant aux efforts qu’il faudra faire dans les mois à venir pour assainir les finances publiques. Alors que le premier ministre a convoqué mardi 15 avril une conférence sur le sujet afin de sensibiliser les Français aux «pathologies» des finances publiques et «déséquilibres» budgétaires de leur pays, la porte-parole du gouvernement a vanté ce dimanche un «exercice de transparence» vis-à-vis de l’opinion. «François Bayrou y est très sensible, il ne faut pas infantiliser ou aller vers des recettes qui soient populistes mais partager le constat et les solutions», a-t-elle fait valoir lors du «Grand Jury» RTL-Le Figaro-M6-Public Sénat.
À l’avant-veille de l’évènement, Sophie Primas s’est engagée à ce que l’exécutif présente «la véritable vision de l’état» des comptes publics. Un tableau noir de la situation qui nécessitera selon elle «des décisions politiques assez fortes» pour trouver entre «40 à 50 milliards» d’euros d’économies dans le budget 2026, sans augmenter les impôts. Reconnaissant que l’«effort (est) considérable» et l’équation «difficile», Sophie Primas a pris soin de rappeler que la fiscalité est une ligne rouge du premier ministre et du président de la République. Quelles marges de manœuvre reste-t-il alors au gouvernement ? Sur BFMTV dimanche, le ministre de l’Économie Éric Lombard a évoqué des efforts venant «essentiellement des économies» ou d’une «augmentation des recettes liées à la croissance». Interrogé sur cette répartition, le patron de Bercy a évacué : «Nous sommes en avril (…) on parle du budget 2026, il est trop tôt pour donner ce détail».
La «souveraineté économique» en jeu
Objectif de ce coup de rabot, revenir à un déficit de 3% de PIB (ou en dessous) en 2029 en maintenant la prévision de 5,4% pour cette année et de 4,6% en 2026. C’est «une question de crédibilité sur les marchés», a insisté Sophie Primas, mettant en garde sur une perte de «la souveraineté économique» de la France. «Si demain, nous ne faisons pas face à la réduction du déficit, à la baisse des dépenses de l’État, à plus d’efficacité pour les Français, nous ne pourrons plus décider de notre avenir», a alerté l’ancienne ministre chargée du Commerce extérieur. Un tour de vis qui, sans surprise, fait déjà bondir la gauche, et notamment le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, estimant sur le réseau social X que «le peuple de France est traité comme la Grèce en 2010». Et de souligner : «ceux qui ont refusé de voter la censure sont eux aussi responsables de cette guerre sociale».
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