Blocage du détroit d'Ormuz : le pétrole repart à la hausse

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Les prix du brut repartent à la hausse ce mardi matin, portés par les tensions géopolitiques persistantes autour de l’une des voies maritimes les plus stratégiques de la planète.

Le détroit d’Ormuz (Jacques Descloitres, MODIS Land Rapid Response Team, NASAGSFC, Public domain, via Wikimedia Commons

Les marchés pétroliers mondiaux sont de nouveau sous pression. Vers 04h15 (heure de Paris), le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale des cours de l’or noir, s’affichait en hausse de 0,90 % à 105,15 dollars, tandis que le West Texas Intermediate (WTI), son équivalent américain, progressait de 1,03 % pour atteindre 99,08 dollars le baril. Des niveaux qui n’avaient plus été observés depuis plusieurs semaines.

Ormuz, le verrou du monde pétrolier

Derrière cette nouvelle poussée des prix, une cause unique : le blocage persistant du détroit d’Ormuz, passage maritime situé entre l’Iran et le sultanat d’Oman. Ce goulot d’étranglement, large d’à peine 33 kilomètres en son point le plus étroit, est pourtant le couloir le plus critique du commerce mondial d’hydrocarbures.
Chaque jour, environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole, soit près de 20 millions de barils, transitent par cette route maritime reliant le golfe Persique à l’océan Indien. Toute perturbation en ce point névralgique se répercute quasi immédiatement sur les bourses de Londres, New York et Singapour.
La situation actuelle, dont les causes restent étroitement surveillées par les chancelleries occidentales et les grandes majors pétrolières, alimente une prime de risque géopolitique que les traders intègrent désormais pleinement dans leurs cotations.

Les consommateurs européens en première ligne

Si les chiffres s’affichent en dollars sur les écrans de trading, leurs conséquences sont bien concrètes pour les automobilistes français et européens. Une hausse durable des cours du brut se traduit, avec un décalage de quelques semaines, par une augmentation du prix à la pompe, essence, gazole et GPL confondus.
Dans un contexte où l’inflation énergétique reste encore douloureusement présente dans les budgets des ménages, cette nouvelle tension arrive à un moment particulièrement sensible. Les gouvernements européens, dont la France, observent l’évolution avec inquiétude, les dispositifs d’aide et de bouclier tarifaire mis en place ces dernières années ayant déjà lourdement pesé sur les finances publiques.

Les analystes partagés sur la durée du choc

Du côté des experts, les avis divergent quant à la durée et à l’ampleur de cet épisode haussier.
Pour les plus pessimistes, si le blocage d’Ormuz venait à se prolonger au-delà de plusieurs semaines, le seuil symbolique des 110 dollars le baril de Brent pourrait être franchi, ravivant les craintes d’un retour à l’inflation énergétique soutenue.
Les analystes plus nuancés rappellent, eux, que l’OPEP+ dispose de marges de manœuvre pour augmenter sa production, et que les stocks stratégiques des pays membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) constituent un filet de sécurité en cas de crise prolongée. Les États-Unis, notamment, ont déjà eu recours par le passé à des libérations massives de leurs réserves stratégiques pour calmer les marchés.

À suivre de près

Les prochaines séances boursières s’annoncent donc déterminantes. Les opérateurs scruteront notamment toute déclaration diplomatique relative à la situation dans le détroit, ainsi que les prochaines statistiques hebdomadaires sur les stocks américains de brut, publiées par l’Energy Information Administration (EIA), qui pourraient infléchir la tendance dans un sens ou dans l’autre.


Source du contenu: infodujour.fr

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