Salon Watches and Wonders : quand horlogerie rime avec haute joaillerie

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Et c’est reparti ! Jusqu’au 7 avril, la ville de Genève (Suisse) accueille en grande pompe une large partie du monde horloger. Amateurs et passionnés, mais également – et surtout – des professionnels du secteur, se retrouvent lors du salon Watches and Wonders, qui est aux tocantes ce que la fashion week est à la mode. C’est dans la périphérie de la ville, dans un grand centre d’exposition, que 60 marques se présentent, chacune dans un espace décoré à ses couleurs. Le salon, qui a accueilli près de 50 000 visiteurs en 2024 – il est ouvert au public sur billets lors du week-end, pour 70 francs suisses (environ 74 euros) –, est l’occasion pour les marques de dévoiler les nouveautés qui ponctueront leur année 2025.

A ce petit jeu, les maisons combinant horlogerie et joaillerie sortent du lot. Et sortent le grand jeu. Une mise en avant nécessaire, car le marché féminin des montres est particulièrement stratégique : selon une étude du cabinet Deloitte menée en 2024, 21 % des femmes interrogées affirment ne pas porter de montre au quotidien. A noter que la part des femmes qui en portent a presque diminué de moitié depuis 2020.

Chez Chanel, c’est la montre J12 qui est cette année mise à l’honneur. Lancé en 2000, ce modèle épuré et sportif, créé au départ en noir, puis en blanc, et doté d’un bracelet en céramique réputée inrayable, est depuis entré au rang des grands classiques. Cette année, il revient dans une teinte bleu nuit, tant sur le cadran que sur le bracelet, et surtout, il est décliné dans une version joaillière. L’un des modèles de la collection est en effet serti de 58 saphirs bleus translucides taille baguette sur sa lunette. Un supplément d’esprit bijou qui répond parfaitement au côté plus mat de la céramique, bleue également.

A gauche : J12, Chanel. A droite : Sixtie, Piaget.

Les formats proposés, en 38 millimètres et 33 millimètres de diamètre, correspondent à la tendance actuelle : les formats des boîtiers sont en effet au rétrécissement. C’est le cas de la ligne Sixtie de Piaget, qui, avec son boîtier de forme trapézoïdale, ne dépasse pas les 29 millimètres de diamètre. Inspirées des bijoux aux courbes souples des années 1960 de la maison suisse, les montres de cette collection sont proposées en or ou en argent, serties de diamants ou le métal nu. « Chez Piaget, une montre est avant toute chose un bijou », dit Yves Piaget, héritier et président d’honneur de la marque. Elle est ici très réussie.

Torsade en or jaune ou gris

Chez Bulgari, marque joaillière devenue horlogère par la suite, la nouveauté s’appelle Serpenti Aeterna. Le serpent, son symbole, se renouvelle cette année sur cette montre bijou, et voit son museau allongé à l’extrême. Fabriquée dans de l’or rose ou blanc, et entièrement sertie de diamants, elle fonctionne grâce à un mouvement quartz. Une pièce de haute joaillerie qui devrait ravir les collectionneuses au porte-monnaie bien garni.

Van Cleef & Arpels a de son côté toujours eu le don de proposer des créations de haute horlogerie aux contours poétiques. Ici, chaque cadran raconte une histoire. Cette année, il est question de sentiments, avec la collection « Pont des amoureux », qui, comme son nom l’indique, voit un couple miniature se retrouver sur un pont ou dans la rue. Et c’est toute la dextérité des artisans que l’on devine sur ces modèles en or blanc, diamants et émail, sertis de diamants.

Serpenti Aeterna, Bulgari. A droite : Reverso, Jaeger-LeCoultre.
Lady Arpels Bal des Amoureux Automate, Van Cleef & Arpels.

Chez Cartier, les nouveaux modèles présentés lors de cette édition du salon Watches and Wonders ne manquent pas. Entre les Santos, Tank et Panthère revisitées, la Tressage attire ici tous les regards. « Si Tressage est l’illustration parfaite du savoir-faire joaillier Cartier en horlogerie, il ne s’agit pas d’un simple bijou qui donne l’heure. Pour cette création, nous avons exagéré et amplifié les attributs classiques d’une montre. En surdimensionnant et en étirant les brancards, nous avons dessiné en volume une torsade voluptueuse », explique Marie-Laure Cérède, directrice de la création joaillerie et horlogerie de Cartier. Les brancards, ces deux côtés parallèles qui prolongent les attaches du bracelet, sont ici façonnés en torsade dans de l’or jaune ou gris et sont parfois piqués de diamants et de saphirs, selon les modèles.

Enfin, les montres bijoux n’ont pas toutes vocation à prendre sur elles toute la lumière. Un peu d’épure s’invite en effet cette saison chez Jaeger-LeCoultre, qui revisite son modèle culte Reverso né en 1931 – avec son cadran qui pivote sur lui-même –, dans une version en or rose, avec un cadran doré grainé et un bracelet souple en maille milanaise. Le tout lui donne une allure rétro et pourtant parfaitement dans l’air du temps. Un petit bijou de modernité, en somme.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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