La chaleur est si guerrière ce jour-là que les filles ne sont pas sorties de la piscine de l’hôtel de la journée. L’eau ne parvient pas à les rafraîchir. Pourtant, en temps normal, elles la trouvent trop froide. Elles ne cessent de dire à leur père de la chauffer un peu, mais, là, le thermomètre est monté si haut qu’elle est tiédasse, presque moite.
Une fois de plus, elles n’ont pas vu venir la bascule climatique. Quarante-huit heures d’une pluie qui frappe, un gros pic de chaleur, une semaine de vent par bourrasques ; elles ont du mal à se faire aux montagnes russes météorologiques depuis qu’elles ont emménagé aux Caraïbes, trimbalées au gré d’une des lubies de leur père habité par la fuite et la folie perpétuées de l’exil.
Ça fait trois mois qu’elles sont arrivées sur cette île. Arrachement, changement d’école, d’habitudes alimentaires, solitude, peur de ne pas se faire d’amis, et tout le tralala. Ils vivent tous les trois dans l’hôtel racheté par leur père avec elles ne savent quel fonds ; il ne cesse de dire qu’il n’a plus d’argent, plus 1 balle, les filles, je ne sais pas où on va. Et allez, merci de nous offrir ce petit cocon rassurant, papa, super, ne change rien surtout.
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